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Suspension du casier et radiation

Suspension du casier judiciaire canadien c. Radiation américaine

Une radiation américaine ne corrige pas automatiquement l'interdiction de territoire au Canada. Voici exactement ce que chacune signifie — et ce qui aide réellement lors de l'entrée au Canada.

✓ Dernière vérification : mars 2026

De nombreuses personnes ayant des antécédents judiciaires supposent que si leur casier a été radié ou qu'elles ont obtenu un pardon dans leur pays d'origine, elles sont automatiquement admissibles au Canada. Cette hypothèse est incorrecte et peut mener à un refus d'entrée à la frontière canadienne. Le Canada évalue l'interdiction de territoire pour motifs criminels de façon indépendante en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) — et la plupart des radiations, pardons et ordonnances de scellage étrangers n'ont aucun effet automatique sur les décisions d'interdiction de territoire canadiennes. Ce guide explique la différence entre une suspension du casier judiciaire canadienne et une radiation américaine, et ce que chacune signifie pour entrer au Canada.

Qu'est-ce qu'une suspension du casier judiciaire canadien?

Une suspension du casier judiciaire (anciennement appelée « pardon » avant 2012) est un processus juridique officiel en vertu de la Loi sur le casier judiciaire (LCJ) du Canada, administré par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). Lorsqu'une suspension du casier est accordée :

  • Le dossier de condamnation dans le Centre d'information de la police canadienne (CIPC) est scellé — et non détruit
  • Le dossier ne peut être consulté ou divulgué sans l'autorisation du ministre de la Sécurité publique
  • Pour les citoyens canadiens et les résidents permanents : elle supprime effectivement les obstacles liés au casier judiciaire en matière d'emploi et de logement
  • La suspension peut être révoquée si vous êtes condamné pour une infraction subséquente

Périodes d'attente avant de présenter une demande de suspension du casier :

  • Condamnations par procédure sommaire : 5 ans après l'exécution de toutes les conditions de la peine
  • Condamnations par mise en accusation : 10 ans après l'exécution de toutes les conditions de la peine

Le processus de suspension du casier s'applique uniquement aux condamnations canadiennes. Il ne s'applique pas aux condamnations étrangères et n'a aucun effet sur les évaluations d'interdiction de territoire en vertu de la LIPR pour les dossiers étrangers.

Qu'est-ce qu'une radiation américaine?

Aux États-Unis, une radiation (expungement) est une ordonnance judiciaire qui scelle, rejette ou détruit généralement le casier judiciaire d'une condamnation ou d'une arrestation, le rendant inaccessible à la plupart des fins de vérification publique ou des antécédents. Chaque État américain possède ses propres lois en matière de radiation — la portée et l'effet varient considérablement.

Types courants de mesures de réhabilitation du casier américain que les gens supposent utiles au Canada :

  • Radiation — ordonnance judiciaire scellant ou détruisant le dossier
  • Pardon — clémence exécutive rétablissant les droits (varie selon l'État et au niveau fédéral)
  • Scellage du dossier — restreint l'accès public mais le dossier existe toujours
  • Ajournement de la décision / programme de déjudiciarisation — accusation retirée à la suite de l'exécution des conditions
  • California PC 1203.4 — retrait du plaidoyer de culpabilité et rejet des accusations (traité séparément ci-dessous)

Pourquoi le Canada ne reconnaît pas la plupart des radiations étrangères

Le principe fondamental est le suivant : le Canada évalue l'interdiction de territoire en vertu du droit canadien (LIPR), et non en vertu des lois du pays où la condamnation a eu lieu. Le fondement juridique est l'art. 36(3)b) de la LIPR, qui prévoit la réhabilitation réputée — mais seulement sous des conditions spécifiques et selon les normes juridiques canadiennes.

Principales raisons pour lesquelles les radiations étrangères ne sont généralement pas reconnues par le Canada :

  • ! Partage des dossiers du CIPC/NCIC : même une condamnation américaine radiée peut encore être visible pour les agents de l'ASFC via le National Crime Information Center (NCIC) américain. Certaines radiations scellent les dossiers de l'accès public mais pas des bases de données policières.
  • ! L'art. 36 de la LIPR est indépendant : l'interdiction de territoire au Canada est évaluée selon que les actes sous-jacents constituent une infraction en vertu du droit pénal canadien — indépendamment de ce qui est arrivé au dossier dans le pays étranger.
  • ! Pas d'équivalence automatique : il n'existe aucun traité ou accord exigeant que le Canada traite une radiation américaine comme équivalente à une suspension du casier judiciaire canadienne.

Critique : ne présumez pas que votre radiation américaine vous permet d'entrer librement au Canada. Les agents de l'ASFC peuvent demander des renseignements sur les condamnations originales indépendamment du statut actuel du dossier, car l'art. 16 de la LIPR exige que les demandeurs répondent honnêtement. En vertu de la LIPR, vous êtes tenu de divulguer si vous avez commis des actes qui constitueraient une infraction canadienne — même si ces actes ont été radiés ailleurs.

LIPR, art. 36(3)b) — L'exception de réhabilitation réputée

L'article 36(3)b) de la LIPR prévoit qu'une personne n'est pas interdite de territoire pour criminalité si elle a été réhabilitée. La réhabilitation réputée est la forme automatique de cette disposition — elle s'applique lorsque des conditions de délai spécifiques ont été remplies sans nouvelles infractions :

  • Infraction unique équivalant à une criminalité non grave (LIPR, art. 36(2)) : 10 ans à compter de l'exécution de la peine
  • Non disponible pour la grande criminalité (LIPR, art. 36(1)) — infractions canadiennes passibles d'un maximum de 10 ans
  • Non disponible pour plusieurs infractions (même si chacune est non grave)

Une radiation étrangère n'accélère pas la réhabilitation réputée et ne s'y substitue pas. Le compte à rebours de 10 ans commence à partir de l'exécution de la peine — la date de radiation n'est pas pertinente.

Utilisez l'Explorateur d'admissibilité pour vérifier si la réhabilitation réputée peut s'appliquer à votre situation.

L'exception California PC 1203.4

Il existe une exception bien connue : les rejets d'accusations en vertu du Code pénal de la Californie § 1203.4 sont traités différemment par le consulat canadien. En vertu d'un rejet selon le PC 1203.4, le plaidoyer de culpabilité est retiré et les accusations sont rejetées — ce que les autorités canadiennes d'immigration ont reconnu comme plus proche d'une absolution inconditionnelle canadienne qu'une simple radiation.

Aux fins de l'immigration canadienne, un rejet selon le PC 1203.4 peut être traité comme si la condamnation n'avait pas eu lieu — mais seulement si l'infraction originale aurait été admissible à une absolution au Canada et que les conditions spécifiques de l'ordonnance 1203.4 sont remplies.

Il s'agit d'un domaine juridique nuancé. Ne comptez pas sur un rejet selon le PC 1203.4 pour effacer automatiquement votre interdiction de territoire au Canada — le résultat dépend de l'infraction originale et de l'analyse d'équivalence canadienne. Consultez notre guide dédié et un avocat en immigration.Guide California PC 1203.4

Quand une suspension du casier judiciaire canadien aide-t-elle à l'entrée?

Une suspension du casier judiciaire canadienne s'applique principalement aux condamnations canadiennes — si vous avez été condamné pour une infraction canadienne et avez depuis obtenu une suspension du casier, votre dossier au CIPC sera scellé. Cela signifie qu'une suspension du casier scelle la condamnation lors des vérifications standard au CIPC à la frontière.

Cependant :

  • Une suspension du casier judiciaire canadienne s'applique uniquement aux dossiers criminels canadiens — pas aux condamnations étrangères
  • Si vous êtes un ressortissant étranger dont l'interdiction de territoire découle d'une condamnation étrangère, une suspension du casier judiciaire canadienne n'est pas pertinente à votre admissibilité
  • Si vous êtes un ressortissant étranger qui a également été condamné pour une infraction canadienne en plus d'une infraction étrangère, une suspension du casier judiciaire canadienne pour la partie canadienne scellera ce dossier mais ne résoudra pas l'interdiction de territoire étrangère

Tableau comparatif

CaractéristiqueSuspension du casier canadienRadiation américaine
Loi applicableLoi sur le casier judiciaire (Canada)Loi de l'État (varie selon l'État)
Autorité émettriceCommission des libérations conditionnelles du CanadaTribunal d'État ou gouverneur
Effet sur le CIPCDossier scellé dans le CIPCAucun effet sur le CIPC
Reconnue par l'IRCC pour les dossiers étrangers?S.O. — s'applique uniquement aux dossiers canadiensGénéralement NON — le Canada applique la LIPR indépendamment
Règle l'interdiction de territoire au Canada?Seulement pour les condamnations canadiennesNon — l'interdiction de territoire demeure
Facteur positif pour PST/RC?Oui, pour la partie du dossier canadienOui — aide à démontrer la réhabilitation mais ne supplante pas l'interdiction de territoire

Interaction avec le CIPC

Le Centre d'information de la police canadienne (CIPC) et le National Crime Information Center (NCIC) américain sont reliés aux points d'entrée canadiens. Les agents de l'ASFC peuvent consulter les dossiers du NCIC en temps réel lors du traitement des voyageurs aux frontières terrestres, aéroports et ports maritimes canadiens.

  • ! De nombreuses radiations américaines scellent les dossiers des recherches publiques mais ne les suppriment pas des bases de données policières, y compris le NCIC
  • ! Un agent de l'ASFC peut toujours voir votre condamnation originale via le NCIC, même après la radiation
  • ! Les vérifications par empreintes digitales dans les aéroports offrent un accès encore plus approfondi aux dossiers et peuvent faire remonter des dossiers non visibles dans les recherches nominales du NCIC

L'approche la plus sûre est de supposer que le Canada peut voir votre condamnation originale indépendamment du statut de radiation, et de résoudre l'interdiction de territoire par les voies appropriées (PST ou réhabilitation criminelle) plutôt que de compter sur une radiation pour cacher le dossier.

Ce qui résout réellement l'interdiction de territoire au Canada

Si vous êtes interdit de territoire au Canada en raison d'une condamnation étrangère, vos options sont :

  • Permis de séjour temporaire (PST) — LIPR, art. 24(1) : pour les besoins de voyage immédiats. 200 $ CAD, valide jusqu'à 3 ans, discrétionnaire.
  • Réhabilitation criminelle — LIPR, art. 36(3)c) : solution permanente après 5 ans à compter de l'exécution de la peine. 200 à 1 000 $ CAD.
  • Réhabilitation réputée — LIPR, art. 36(3)b) : automatique après 10 ans, pour une seule infraction non grave seulement.

Une radiation ou un pardon américain est un facteur de soutien positif dans une demande de PST ou de réhabilitation criminelle — il démontre des efforts de réhabilitation. Mais il ne résout pas, en lui-même, l'interdiction de territoire.

Découvrez comment la loi s'applique

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Foire aux questions

Ma condamnation américaine a été radiée il y a 5 ans. Puis-je entrer au Canada?+

Peut-être pas automatiquement. Le Canada ne reconnaît pas les radiations américaines aux fins d'immigration. L'ASFC peut encore voir votre condamnation originale via les dossiers du NCIC. Si votre infraction sous-jacente vous rendrait interdit de territoire en vertu de la LIPR, la radiation ne supprime pas cette interdiction. Présentez une demande de PST ou de réhabilitation criminelle avant de voyager.

J'ai reçu un pardon présidentiel américain. Cela aide-t-il au Canada?+

Un pardon fédéral américain est un facteur de soutien fort dans une demande de PST ou de réhabilitation criminelle et démontre la réhabilitation. Cependant, il ne supprime pas automatiquement l'interdiction de territoire au Canada. L'IRCC évalue l'interdiction de territoire en vertu du droit canadien de façon indépendante.

Une suspension du casier judiciaire canadien aide-t-elle un ressortissant étranger à entrer au Canada?+

Une suspension du casier judiciaire canadienne s'applique uniquement aux dossiers criminels canadiens. Si vous êtes un ressortissant étranger dont l'interdiction de territoire découle d'une condamnation étrangère (et non canadienne), une suspension du casier judiciaire canadienne n'a aucune pertinence pour votre admissibilité.

Ma condamnation a été scellée, pas radiée. Le Canada traite-il les dossiers scellés différemment?+

Non. Un dossier scellé n'élimine pas la condamnation sous-jacente aux fins de l'immigration canadienne. L'ASFC peut encore accéder aux dossiers scellés via les canaux policiers du NCIC. Le scellage n'a aucun effet sur l'interdiction de territoire en vertu de la LIPR.

On m'a dit que ma radiation signifie que je n'ai pas de condamnation. Pourquoi le Canada n'est-il pas d'accord?+

En vertu du droit américain interne, une radiation peut signifier que vous pouvez légalement déclarer n'avoir aucune condamnation dans la plupart des contextes civils. Cependant, l'art. 36 de la LIPR demande si vous avez commis des actes qui constituent une infraction en vertu du droit canadien — indépendamment de la façon dont cette condamnation a été traitée par la suite aux États-Unis. L'acte lui-même est le fondement juridique de l'interdiction de territoire, pas le dossier de condamnation.

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