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Probation, libération conditionnelle et Canada

Puis-je entrer au Canada pendant une probation ou une libération conditionnelle?

Être en probation ou en libération conditionnelle signifie que votre peine n'est pas terminée, ce qui a une incidence considérable sur votre admissibilité au Canada en vertu des articles 36 et 24(1) de la LIPR.

✓ Dernière vérification : juin 2026

Réponse courte : si vous êtes actuellement en probation ou en libération conditionnelle, vous pouvez parfois tout de même entrer au Canada, mais généralement uniquement avec un permis de séjour temporaire (PST) en vertu de l'article 24(1) de la LIPR, et la décision finale appartient toujours à un agent canadien (à la frontière, à un bureau des visas ou à IRCC). Voici pourquoi la probation ou la libération conditionnelle complique les choses. Entrer au Canada ne dépend pas seulement de l'existence d'une condamnation à votre dossier : cela dépend aussi de l'achèvement de votre peine. Être sous surveillance active signifie que votre peine est juridiquement incomplète, ce qui a des conséquences directes sur l'admissibilité. En vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), une condamnation ayant un équivalent canadien peut entraîner une interdiction de territoire en vertu de l'article 36, et la surveillance active écarte généralement les deux voies fondées sur un délai d'attente (réhabilitation présumée et réhabilitation criminelle), car chacune se calcule à partir de la date où vous achevez chaque partie de votre peine. Il reste donc généralement le PST comme seule voie réaliste tant que vous purgez encore votre peine. Ce guide explique, en langage clair, pourquoi il en est ainsi et ce qu'une personne dans cette situation doit généralement comprendre avant d'approcher la frontière. Il s'agit d'information éducative, et non d'un avis juridique pour votre cas particulier.

Pourquoi la probation et la libération conditionnelle compliquent l'entrée au Canada

Le Canada évalue l'interdiction de territoire pour criminalité en vertu de l'article 36 de la LIPR. Une condamnation ayant un équivalent criminel canadien peut vous rendre interdit de territoire : grande criminalité en vertu de l'article 36(1) (lorsque l'infraction canadienne équivalente comporte une peine maximale de 10 ans ou plus) ou criminalité en vertu de l'article 36(2) (une peine maximale inférieure à 10 ans, ou deux infractions ne découlant pas d'un même événement). Ce qui importe ici, c'est que votre statut de peine influe également sur les solutions disponibles. L'idée clé : les deux voies fondées sur un délai d'attente se calculent à partir du jour où vous achevez l'ensemble de votre peine, de sorte que la surveillance active empêche ce compte à rebours de commencer :

  • !La réhabilitation présumée peut s'appliquer d'elle-même, sans demande, une fois qu'un certain temps s'est écoulé depuis l'achèvement complet de votre peine (couramment 10 ans pour une seule infraction non grave; une catégorie distincte peut s'appliquer à 5 ans lorsque deux infractions ou plus sont en cause). Elle ne s'applique pas du tout à la grande criminalité. Comme le délai court à partir de l'accomplissement de toutes les conditions, y compris la probation, la libération conditionnelle, les amendes et toute suspension de permis, il n'a pas commencé tant que vous êtes sous surveillance.
  • !La réhabilitation criminelle en vertu de l'article 36(3)(c) de la LIPR est une demande que vous pouvez présenter une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés depuis l'accomplissement de toutes les parties de votre peine. Pendant une surveillance active, vous n'êtes pas encore admissible, car ce délai de 5 ans ne peut commencer avant la fin de la surveillance et de toute autre condition.
  • Le permis de séjour temporaire (PST) en vertu de l'article 24(1) de la LIPR n'a pas de délai d'attente minimum. Pour une personne actuellement sous surveillance, c'est généralement la seule voie officielle, bien qu'un agent conserve toujours le pouvoir discrétionnaire de l'accorder ou de le refuser.

Important : même si vous obtenez un PST pour entrer au Canada, vous aurez peut-être besoin de l'autorisation de votre agent de probation ou de libération conditionnelle pour voyager à l'international. Franchir une frontière internationale sans autorisation pendant une probation ou une libération conditionnelle peut violer les conditions de votre surveillance et vous exposer à des responsabilités pénales supplémentaires dans votre pays d'origine.

Comment l'ASFC évalue une personne en probation ou en libération conditionnelle

Lorsqu'un agent de l'ASFC détermine que vous êtes en probation ou en libération conditionnelle, il tient compte de plusieurs facteurs au-delà de la condamnation elle-même :

  • Récence de l'infraction, une condamnation récente assortie d'une surveillance active signale un risque continu
  • Nature et gravité, de la condamnation sous-jacente, grande criminalité en vertu de l'article 36(1) de la LIPR (équivalent à une peine maximale de 10 ans ou plus) par rapport à la criminalité ordinaire en vertu de l'article 36(2)
  • Objet du voyage, une raison impérieuse (urgence familiale, affaires urgentes) joue en votre faveur
  • Comportement depuis la condamnation, respect des conditions de surveillance, emploi, liens communautaires
  • Autorisation de l'autorité de surveillance, une lettre de votre agent de probation ou de libération conditionnelle autorisant le voyage international renforce considérablement votre demande de PST

En fin de compte, un agent de l'ASFC qui accorde un PST à une personne actuellement en probation ou en libération conditionnelle exerce son pouvoir discrétionnaire en vertu de l'article 24(1) de la LIPR. Il n'existe aucun droit à un PST, il vous incombe de démontrer que votre besoin d'entrer au Canada l'emporte sur le risque que vous représentez.

Le permis de séjour temporaire (PST): Votre principale option

Un PST en vertu de l'article 24(1) de la LIPR permet à un agent d'autoriser une personne autrement interdite de territoire à entrer ou à demeurer au Canada à des fins précises, lorsque l'agent est convaincu que le besoin d'entrer est suffisamment impérieux pour l'emporter sur le risque pour la société canadienne. Il n'existe aucun droit automatique à un PST : c'est une décision discrétionnaire. Pour une personne en probation ou en libération conditionnelle, c'est généralement la voie principale, car les voies de réhabilitation ne sont pas encore ouvertes. En clair, un PST est un laissez-passer temporaire et lié à un objet précis, et non une solution permanente à l'interdiction de territoire.

Demander un PST à un point d'entrée

Vous pouvez demander un PST directement à la frontière, mais c'est l'approche la plus risquée. L'agent dispose d'un pouvoir discrétionnaire total et peut refuser. Un PST au point d'entrée convient mieux aux situations d'urgence où une préapprobation n'était pas possible. Apportez :

  • Documents judiciaires confirmant votre condamnation et votre peine
  • Une lettre de votre agent de probation ou de libération conditionnelle confirmant votre conformité et autorisant le voyage international
  • Documentation justifiant votre voyage (lettre d'invitation, documents commerciaux, dossiers médicaux, arrangements funéraires)
  • Preuves de liens avec votre pays d'origine (emploi, propriété, famille)
  • Paiement des frais gouvernementaux de traitement du PST (246,25 $ CA au 1er décembre 2025, confirmez le tarif actuel auprès d'IRCC)

Demander un PST à un bureau des visas canadien (préapprobation)

Pour les voyages planifiés, il est généralement préférable de présenter une demande à un bureau des visas canadien à l'avance, car une décision rendue avant votre voyage vous donne plus de certitude qu'une demande faite à la frontière. Les délais de traitement varient selon le bureau et le dossier. En vertu de l'article 63 du RIPR, un PST peut être délivré pour une durée allant d'une seule journée à un maximum de trois ans, et l'agent fixe la validité selon l'objet de votre visite; de nombreux permis sont délivrés pour un seul voyage plus court plutôt que pour les trois années complètes. Ce que cela signifie pour vous : un PST est lié à une raison et à une période précises, il vaut donc la peine d'être précis sur le pourquoi et le quand de votre présence au Canada.

Utilisez l'Explorateur d'admissibilité pour comprendre votre niveau d'interdiction de territoire avant de préparer votre demande de PST.

Réhabilitation criminelle: Disponible après l'accomplissement de la peine

La réhabilitation criminelle en vertu de l'article 36(3)(c) de la LIPR résout définitivement l'interdiction de territoire pour criminalité. Une fois approuvée, vous pouvez entrer au Canada librement sans avoir besoin d'un PST pour chaque voyage. Cependant, pour être admissible, vous devez avoir rempli toutes les conditions de la peine :

  • ! La probation doit être entièrement complétée
  • ! La surveillance de la libération conditionnelle doit avoir pris fin
  • ! Toutes les amendes et les restitutions doivent être payées
  • ! Toute suspension de permis ou autre condition doit être remplie

Après que toutes les conditions sont remplies, au moins 5 ans doivent s'écouler avant que vous deveniez admissible à présenter une demande de réhabilitation criminelle. Les frais gouvernementaux de traitement, au 1er décembre 2025 (confirmez le tarif actuel auprès d'IRCC), sont :

  • 246,25 $ CA, criminalité (l'infraction canadienne équivalente comporte une peine maximale inférieure à 10 ans)
  • 1 231 $ CA, grande criminalité (l'infraction canadienne équivalente comporte une peine maximale de 10 ans ou plus)

Le traitement peut prendre un an ou plus, ce n'est donc pas une solution rapide, et cela ne remplace pas la nécessité d'un PST si vous devez voyager avant l'approbation de la réhabilitation. Confirmez les délais de traitement actuels auprès d'IRCC. Consultez le guide complet à la page Réhabilitation criminelle.

Conseils pratiques avant de voyager

  1. 1

    Obtenez une autorisation écrite de votre agent de surveillance

    Communiquez avec votre agent de probation ou de libération conditionnelle avant de faire des plans de voyage. Une lettre autorisant le voyage international au Canada est un élément essentiel de votre demande de PST et indique à l'ASFC que votre autorité de surveillance est au courant de votre voyage et y donne son accord.

  2. 2

    La fausse déclaration entraîne ses propres conséquences graves

    Les agents frontaliers peuvent accéder à de l'information sur les antécédents criminels par l'entremise d'ententes d'application de la loi, et une condamnation américaine est souvent visible. Fournir de fausses informations ou taire un fait important peut entraîner une interdiction de territoire pour fausses déclarations en vertu de l'article 40 de la LIPR, qui dure généralement 5 ans (article 40(2)(a)) et qui, contrairement à la criminalité, ne se règle pas par la réhabilitation : elle expire simplement. Être franc au sujet de votre dossier et de votre statut de surveillance maintient l'attention sur les véritables mérites d'une demande de PST.

  3. 3

    Demandez un PST préapprouvé, pas un PST au point d'entrée

    Un PST délivré par un bureau des visas vous donne de la certitude. Un PST au point d'entrée est discrétionnaire et peut être refusé par un seul agent lors d'une journée chargée. Planifiez à l'avance lorsque possible.

  4. 4

    Documentez votre réhabilitation et votre conformité

    Rassemblez des preuves de votre respect des conditions de surveillance, d'un emploi stable, de votre implication communautaire et de tout traitement ou counseling suivi depuis votre condamnation. Cela renforce votre dossier de PST.

  5. 5

    Vérifiez d'abord votre équivalence

    Utilisez le Moteur d'équivalence criminelle pour comprendre comment votre infraction est assimilée en droit canadien et si elle constitue une grande criminalité ou une criminalité ordinaire. Cela détermine la difficulté de votre demande de PST.

Questions fréquemment posées

Puis-je entrer au Canada en probation pour un délit mineur?+

Peut-être, avec un PST. Même une condamnation pour un délit mineur crée une interdiction de territoire en vertu de la LIPR si elle a un équivalent criminel canadien. Être en probation signifie que votre peine est incomplète, ce qui rend la réhabilitation criminelle et la réhabilitation présumée indisponibles. Un PST est la seule option pendant la période de surveillance. Utilisez l'Explorateur d'admissibilité pour évaluer votre situation.

Le Canada saura-t-il que je suis en probation?+

Les agents canadiens peuvent accéder à de l'information sur les antécédents criminels par l'entremise d'ententes d'application de la loi, de sorte qu'une condamnation est souvent visible à la frontière, et les détails de la surveillance peuvent aussi apparaître selon la juridiction et le type de dossier. Taire ou déformer un fait important peut en soi entraîner une interdiction de territoire pour fausses déclarations en vertu de l'article 40 de la LIPR, qui dure généralement 5 ans. La voie la plus sûre est d'être exact au sujet de votre situation et de laisser la demande reposer sur ses mérites.

Ma libération conditionnelle se termine dans 6 mois. Devrais-je attendre?+

Si vous pouvez attendre que la libération conditionnelle soit entièrement terminée, vous pourriez être dans une bien meilleure position pour une demande de PST, et 5 ans après cela, vous pouvez demander la réhabilitation criminelle. Cela dit, si vous avez une raison impérieuse et urgente d'entrer au Canada avant la fin de la libération conditionnelle, une demande de PST est toujours possible. L'agent soupèse l'urgence de votre besoin par rapport à votre statut de surveillance actuel.

Un PST annule-t-il mes conditions de probation?+

Non. Un PST vous permet d'entrer au Canada du point de vue de l'immigration, mais il n'annule pas les conditions de votre probation ou libération conditionnelle. Voyager à l'international sans la permission de votre agent de surveillance peut constituer une violation distincte des conditions de votre surveillance. Vous devez vous conformer à la fois au droit de l'immigration canadien et aux exigences de surveillance de votre juridiction d'origine.

Quand commence le délai d'attente de 5 ans pour la réhabilitation criminelle?+

Le délai de 5 ans ne commence qu'après que TOUTES les conditions de la peine ont été remplies, y compris le dernier jour de probation ou de libération conditionnelle, le paiement intégral de toutes les amendes et l'accomplissement de toute autre condition ordonnée par le tribunal. Il ne commence pas à la date de condamnation ou de prononcé de la peine. Ainsi, une amende impayée ou une probation toujours en cours peut empêcher le compte à rebours de commencer, même si l'infraction date de plusieurs années.

Je suis en probation pour une conduite avec facultés affaiblies. Puis-je entrer au Canada?+

C'est plus complexe que bien des gens ne le pensent. La conduite avec facultés affaiblies en vertu de l'article 320.14 du Code criminel comporte une peine maximale de 10 ans (article 320.19); ainsi, pour les infractions commises le 18 décembre 2018 ou après, elle est généralement traitée comme de la grande criminalité en vertu de l'article 36(1) de la LIPR. En probation, les voies de réhabilitation ne sont pas encore ouvertes, de sorte qu'un PST est habituellement la seule voie, et la grande criminalité tend à rendre le dossier plus difficile à plaider. Un agent décide de chaque cas selon ses faits. Nos outils d'équivalence criminelle peuvent vous aider à voir comment une infraction précise peut être assimilée en droit canadien.

Un pardon ou une radiation américaine supprime-t-il mon interdiction de territoire canadienne?+

Pas automatiquement. Le Canada évalue l'admissibilité en vertu de son propre droit, et un pardon ou une radiation étrangère n'est pas, à lui seul, reconnu aux fins de la LIPR. Le mécanisme prévu à l'article 36(3)(b) de la LIPR qui peut effacer l'effet d'une condamnation vise une suspension du casier en vertu de la Loi sur le casier judiciaire du Canada ou un acquittement définitif, qui sont canadiens et non étrangers. Si votre dossier a été effacé à l'étranger, un agent peut tout de même tenir compte de la conduite sous-jacente; il vaut donc la peine de confirmer comment elle est traitée avant de voyager.

Puis-je demander un PST en ligne, ou seulement à la frontière?+

Une personne sous surveillance dispose généralement de deux voies : demander un PST à un point d'entrée, ou présenter une demande à l'avance à un bureau des visas canadien (ce qui peut inclure une demande en ligne ou papier selon votre situation). Présenter une demande à l'avance est habituellement préférable, car cela donne plus de certitude qu'une décision discrétionnaire rendue à la frontière le jour de votre arrivée. Vérifiez les canaux de demande actuels pour votre pays auprès d'IRCC.

Ai-je besoin de données biométriques pour une demande de PST?+

De nombreux demandeurs de résidence temporaire doivent fournir des données biométriques (empreintes digitales et photo), et les frais de biométrie sont de 85 $ CA au 1er décembre 2025 (confirmez le tarif actuel et si la biométrie s'applique à vous auprès d'IRCC). Leur exigence dépend de votre nationalité, du lieu de votre demande et de vos données biométriques récentes; vérifiez donc les exigences d'IRCC pour votre cas précis.

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