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Dossiers radiés

Pouvez-vous entrer au Canada avec un dossier radié?

Une radiation américaine ne vous autorise pas automatiquement à entrer au Canada. L'ASFC évalue les condamnations étrangères indépendamment en vertu du droit canadien.

Source : LIPR/IRCC · Mis à jour juin 2026

Réponse courte : dans la plupart des cas, une radiation américaine ne vous autorise pas à elle seule à entrer au Canada. Le Canada décide de l'admissibilité selon son propre droit, et non celui de votre État d'origine, de sorte qu'une radiation est traitée comme un facteur utile mais non décisif, et non comme la preuve que la condamnation n'a jamais existé. Beaucoup de gens présument que si leur casier judiciaire a été radié, scellé ou libéré aux États-Unis, le Canada le traitera comme si la condamnation n'avait jamais existé. Cette présomption est généralement erronée. Le Canada évalue les condamnations étrangères indépendamment en vertu de l'article 36 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), et une radiation américaine n'est pas universellement équivalente à une suspension du casier canadien (la mesure fédérale anciennement appelée « pardon »). Ce qui compte à la frontière, c'est de savoir si le comportement sous-jacent, s'il s'était produit au Canada, constituerait une infraction canadienne, et si suffisamment de temps ou une forme reconnue de mesure de clémence a résolu cette interdiction de territoire. Ce guide explique, en langage clair, comment un agent de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ou d'IRCC examine les dossiers radiés, scellés, libérés et pardonnés, l'exception notable des libérations en vertu de l'article 1203.4 du Code pénal de Californie, et les options concrètes qui vous restent. Il s'agit d'information éducative, et non d'un conseil juridique : chaque décision d'admissibilité est prise par un agent selon les faits propres à votre dossier.

Pourquoi les radiations américaines ne fonctionnent pas automatiquement au Canada

Le principe fondamental est que le Canada évalue l'admissibilité en vertu du droit canadien, et non de la législation de votre pays d'origine. La LIPR art. 36 demande si une condamnation étrangère, si le même comportement s'était produit au Canada, équivaudrait à une infraction canadienne (une analyse d'« équivalence »), et cette évaluation est indépendante de ce qui est arrivé à la condamnation dans votre juridiction d'origine par la suite. En pratique, l'agent ne demande pas « est-ce encore une condamnation dans votre État? » mais plutôt « qu'avez-vous fait, et qu'est-ce que cela représenterait en vertu du Code criminel ou d'une autre loi canadienne? »Le principe fondamental est que le Canada évalue l'admissibilité en vertu du droit canadien, et non de la législation de votre pays d'origine. La LIPR art. 36 demande si une condamnation étrangère, si le même comportement s'était produit au Canada, équivaudrait à une infraction canadienne (une analyse d'« équivalence »), et cette évaluation est indépendante de ce qui est arrivé à la condamnation dans votre juridiction d'origine par la suite. En pratique, l'agent ne demande pas « est-ce encore une condamnation dans votre État? » mais plutôt « qu'avez-vous fait, et qu'est-ce que cela représenterait en vertu du Code criminel ou d'une autre loi canadienne? »

Une radiation aux États-Unis est un mécanisme juridique au niveau de l'État qui varie considérablement selon la juridiction. Certains États détruisent véritablement le dossier sous-jacent; d'autres le scellent simplement du public tout en le laissant accessible aux forces de l'ordre, et de nombreuses « radiations » sont techniquement une libération ou une annulation plutôt qu'un effacement. Le Canada regarde au-delà de l'étiquette pour examiner le fond. Ce que cela signifie pour vous : le titre que votre État donne à la mesure compte beaucoup moins que de savoir si la condamnation existe encore sous une forme qu'un agent peut voir, et si la mesure est fonctionnellement équivalente à une suspension du casier canadien. Quelle que soit la façon dont votre État définit la radiation :

  • ! L'ASFC peut encore voir la condamnation via les requêtes de bases de données CIPC/NCIC/FBI
  • ! La condamnation existait au moment de votre évaluation d'admissibilité, une radiation après le fait ne change pas cela rétroactivement
  • ! Le Canada n'a aucune obligation de reconnaître la décision d'une juridiction étrangère de radier un dossier

Radiation vs pardon vs dossier scellé vs suspension du casier

Ces termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ont des effets juridiques très différents aux yeux du Canada :

TypeCe que cela signifie aux États-UnisEffet au Canada
RadiationDossier détruit ou scellé (varie selon l'État)Facteur positif mais ne supprime PAS automatiquement l'interdiction de territoire
Dossier scelléCaché du public mais accessible aux forces de l'ordreL'ASFC peut encore y accéder via NCIC/FBI, ne résout pas l'interdiction de territoire
Pardon présidentiel/gouvernemental américainPardon de la condamnation, pas effacementLIPR art. 36(3)(b), peut supprimer l'interdiction de territoire si équivalent à une suspension du casier canadien
Libération CA CP 1203.4Plaidoyer de culpabilité retiré, affaire classée après la probationLargement rapportée (selon des sources juridiques/secondaires) comme traitée à l'équivalent d'une suspension du casier canadien; demeure soumise au pouvoir discrétionnaire de l'agent

L'exception de l'article 1203.4 du Code pénal de Californie

Il existe une exception notable largement rapportée. Des commentaires juridiques citant le Guide d'évaluation de la criminalité américaine du Consulat général du Canada à New York indiquent que les libérations en vertu de l'article 1203.4 du Code pénal de Californie sont généralement considérées comme équivalentes à une suspension du casier canadien. Ce guide est un document interne d'IRCC plutôt qu'une page publique de canada.ca, de sorte que ce point est surtout vérifiable au moyen de sources juridiques secondaires, et chaque dossier individuel dépend toujours de l'évaluation des faits par l'agent.

En pratique, cela signifie qu'une personne dont la seule condamnation a été révoquée en vertu de l'art. 1203.4 du CP n'est généralement pas considérée comme interdite de territoire pour cette condamnation, car la révocation est reconnue comme une suspension du casier en vertu de la LIPR art. 36(3)(b). Cela vise précisément le mécanisme californien, s'applique le plus clairement à une seule condamnation moins grave dont la peine a été entièrement purgée, et demeure soumis au pouvoir discrétionnaire de l'agent.

Pour une analyse détaillée de son fonctionnement, y compris les exigences documentaires et les nuances importantes, consultez notre guide dédié Guide art. 1203.4 CP Californie et entrée au Canada.

Accès aux bases de données de l'ASFC

Même si votre dossier a été radié aux États-Unis, les agents de l'ASFC peuvent encore avoir accès à l'information via :

  • ! NCIC (National Crime Information Center) : Base de données gérée par le FBI partagée avec les forces de l'ordre canadiennes
  • ! CIPC (Centre d'information de la police canadienne) : Propre base de données du Canada, qui reçoit des données du NCIC
  • ! Dossiers du FBI : Les dossiers fédéraux peuvent conserver des informations sur la condamnation même après une radiation au niveau de l'État

La visibilité des dossiers radiés dans ces bases de données varie selon l'État et le type spécifique de radiation. Certains États notifient le FBI pour supprimer les dossiers; d'autres non, et une radiation au niveau de l'État n'efface souvent pas l'entrée du FBI/NCIC que le Canada interroge réellement. Le système CIPC est interfacé avec le NCIC américain, de sorte qu'un agent canadien qui vérifie vos renseignements peut faire ressortir de l'information détenue au sud de la frontière. Ce que cela signifie pour vous : supposez que l'ASFC peut encore voir votre dossier jusqu'à ce que vous en ayez la confirmation, et ne comptez jamais sur le fait qu'une radiation aurait discrètement disparu des bases de données fédérales.

Vos options avec un dossier radié

Que votre dossier ait été radié ou non, les voies permettant de surmonter une interdiction de territoire pour criminalité restent disponibles. Celle qui convient dépend de la gravité de l'infraction canadienne équivalente et du temps écoulé depuis la fin de votre peine :

  • Réhabilitation réputée : Automatique, sans demande ni frais, pour la criminalité non grave lorsque l'infraction canadienne équivalente est passible d'un maximum de moins de 10 ans, généralement une fois que 10 ans se sont écoulés depuis l'exécution de la peine pour une seule infraction de ce type et que vous n'avez aucune autre condamnation pertinente. Les personnes interdites de territoire pour grande criminalité ne peuvent jamais devenir réputées réhabilitées par le simple passage du temps.
  • Réhabilitation criminelle : Une demande formelle que vous pouvez présenter une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés depuis l'exécution complète de votre peine. Si elle est approuvée, elle résout définitivement l'interdiction de territoire. Les frais de traitement d'IRCC dépendent de votre classification (des frais moins élevés pour la criminalité et des frais nettement plus élevés pour la grande criminalité); confirmez le montant courant sur la liste officielle des frais d'IRCC avant de présenter une demande.
  • Permis de résident temporaire (PRT) : Peut être demandé à tout moment lorsque vous avez une raison impérieuse et justifiée d'entrer malgré votre interdiction de territoire. Les frais de traitement d'IRCC sont de 246,25 $ CA par personne en 2026, ne sont pas remboursables même en cas de refus, et un permis peut être délivré pour une seule visite ou pour une période déterminée.

Une radiation est un véritable facteur positif dans toute demande de réhabilitation criminelle ou de PRT : elle montre que votre juridiction d'origine vous a considéré comme réhabilité et que vous avez pris des mesures pour tourner la page. Mais il s'agit d'une preuve à l'appui, et non d'un substitut au processus canadien. La décision, dans chaque cas, est prise par un agent de l'ASFC ou d'IRCC, qui n'est pas lié par la façon dont votre État a classé ou effacé le dossier.

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Foire aux questions

Si mon dossier est radié, dois-je quand même le divulguer à la frontière canadienne?+

Si un agent de l'ASFC vous demande si vous avez déjà été condamné ou arrêté, vous devez répondre honnêtement. Mentir à un agent frontalier constitue un motif d'interdiction de territoire distinct (fausse déclaration en vertu de la LIPR art. 40) et peut entraîner une interdiction de 5 ans. Si votre dossier a vraiment été radié et qu'aucune condamnation n'existe, vous pouvez l'affirmer honnêtement. Mais si la radiation a seulement scellé le dossier plutôt qu'éliminer la condamnation, la condamnation existe toujours aux fins canadiennes.

Un pardon présidentiel américain me libère-t-il pour le Canada?+

Un pardon présidentiel américain peut supprimer l'interdiction de territoire en vertu de la LIPR art. 36(3)(b) s'il est déterminé comme équivalent à une suspension du casier canadien. Cependant, cela est évalué au cas par cas. Un pardon accordé pour des raisons politiques ou un pardon général peut être perçu différemment d'un pardon reflétant la réhabilitation. Consultez notre guide sur les infractions pardonnées pour plus de détails.

Mon dossier a été radié il y a 15 ans, la réhabilitation réputée ne devrait-elle pas s'appliquer?+

La réhabilitation réputée dépend du temps écoulé depuis l'exécution de la peine et de la gravité de l'infraction, et non du fait que le dossier ait été radié. Si plus de 10 ans se sont écoulés depuis l'exécution de votre peine pour une seule infraction non grave, la réhabilitation réputée peut s'appliquer indépendamment de la radiation. La radiation est un bonus, pas une exigence ou un substitut.

J'ai un dossier radié d'un État autre que la Californie. Suis-je bloqué?+

Non. Bien que l'exception de l'art. 1203.4 du CP de Californie soit unique, d'autres voies restent disponibles : réhabilitation réputée (si admissible), demandes de réhabilitation criminelle et PRT. Votre radiation sera considérée comme un facteur positif dans ces demandes même si elle ne résout pas indépendamment l'interdiction de territoire.

L'ASFC verra-t-elle réellement mon dossier radié ou scellé à la frontière?+

Possiblement, oui. Une radiation ou un scellement au niveau de l'État ne supprime souvent pas l'entrée de la base de données NCIC gérée par le FBI, et le système CIPC du Canada est interfacé avec le NCIC, de sorte qu'un agent peut faire ressortir de l'information américaine lorsqu'il vérifie vos renseignements. Depuis la fin de 2015, l'ASFC a accès aux données criminelles du FBI, et les agents peuvent vérifier les voyageurs au moyen du CIPC. Le fait qu'un dossier particulier apparaisse encore dépend de votre État et du type exact de mesure; l'hypothèse prudente est donc que l'ASFC peut encore le voir. Répondez honnêtement aux questions de l'agent plutôt que de compter sur l'invisibilité du dossier.

Une radiation réduit-elle le délai d'attente pour la réhabilitation réputée ou criminelle?+

Non. Les délais de la réhabilitation réputée (généralement 10 ans après une seule infraction non grave) et d'une demande de réhabilitation criminelle (au moins 5 ans après l'exécution complète de votre peine) commencent à courir à la fin de votre peine, et non à la date de votre radiation. La radiation ne raccourcit ni ne réinitialise ces périodes. Elle peut toutefois renforcer les preuves à l'appui que vous soumettez, car elle montre que votre juridiction d'origine a reconnu votre réhabilitation.

Une radiation est-elle la même chose qu'une suspension du casier canadienne?+

Pas automatiquement. Une suspension du casier canadienne (anciennement appelée pardon) est une mesure fédérale précise accordée en vertu de la Loi sur le casier judiciaire, et la LIPR art. 36(3) empêche que l'interdiction de territoire soit fondée sur une condamnation pour laquelle une telle suspension a été ordonnée et n'a pas été révoquée. Une radiation américaine est un mécanisme distinct, au niveau de l'État. Le Canada décide au cas par cas si une mesure étrangère est équivalente à une suspension du casier canadienne. L'exemple le plus largement rapporté est la libération en vertu de l'art. 1203.4 du CP de Californie, que des commentaires juridiques citant le Consulat général du Canada à New York décrivent comme généralement traitée à l'équivalent. La plupart des autres radiations sont évaluées comme un facteur positif plutôt que traitées comme un équivalent automatique.

Dois-je demander une réhabilitation criminelle ou un PRT si mon dossier est déjà radié?+

Cela dépend de l'infraction canadienne équivalente et du temps écoulé. Si votre seule infraction est non grave (l'équivalent canadien est passible d'un maximum de moins de 10 ans) et que 10 ans se sont écoulés depuis l'exécution de la peine, vous pourriez déjà être réputé réhabilité et n'avoir besoin d'aucune demande. Si vous n'êtes pas encore admissible et souhaitez une résolution permanente, la réhabilitation criminelle est offerte une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés depuis la fin de votre peine. Si vous devez voyager avant d'être admissible à l'une ou l'autre, un permis de résident temporaire peut autoriser un voyage précis. Votre radiation renforce ces demandes à titre de preuve à l'appui, mais ne les remplace pas. Un agent décide de chaque cas, et ce site ne peut pas vous dire quelle voie convient; confirmez votre situation auprès d'un avocat canadien en immigration agréé ou d'un consultant réglementé par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CICC).

Puis-je engager quelqu'un pour m'aider avec mon dossier radié et l'entrée au Canada?+

Oui, mais seul un représentant autorisé peut exiger des frais pour vous conseiller ou vous représenter dans une affaire d'immigration. En vertu de la LIPR art. 91, un représentant autorisé est un avocat ou un parajuriste en règle auprès d'un barreau provincial ou territorial canadien (au Québec, le Barreau du Québec ou la Chambre des notaires), ou un consultant en immigration en règle auprès du CICC, le régulateur fédéral. L'aide non rémunérée de la famille, d'amis ou d'un organisme sans but lucratif est permise. Payer un « consultant fantôme » non autorisé est risqué et cette pratique constitue une infraction. Le recours à un représentant ne garantit pas l'approbation et n'accélère pas le traitement, car IRCC et les tribunaux tranchent votre dossier peu importe qui vous aide à le préparer. Ce site Web est uniquement éducatif et n'est ni un cabinet d'avocats ni un représentant.

Mon dossier américain a été classé ou j'ai terminé un programme de déjudiciarisation sans condamnation. Suis-je interdit de territoire au Canada?+

Cela dépend des faits. S'il n'y a véritablement eu aucune condamnation, par exemple un classement réel, un acquittement ou une déjudiciarisation préalable au procès complétée sans constat de culpabilité, l'interdiction de territoire pour criminalité en vertu de la LIPR art. 36 ne s'applique généralement pas, car ce motif repose sur une condamnation. Toutefois, l'étiquette compte moins que le fond : certains « classements » font suite à un plaidoyer de culpabilité ou à un jugement différé que le Canada peut tout de même traiter comme une condamnation, et certains comportements peuvent soulever d'autres préoccupations même sans condamnation. Un agent évalue le dossier réel et l'infraction canadienne équivalente. Comme la distinction est technique et propre à chaque cas, confirmez la façon dont votre décision particulière est perçue en consultant les directives officielles d'IRCC et, pour un conseil individuel, un avocat en immigration agréé ou un consultant réglementé par le CICC.

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