Vous n’êtes jamais obligé d’engager quelqu’un pour présenter une demande d’immigration au Canada. Vous pouvez préparer et soumettre votre propre demande gratuitement, en ne payant que les frais gouvernementaux. Si vous voulez de l’aide payante, la loi canadienne est stricte sur qui peut la fournir. Selon l’article 91 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), il est interdit de représenter ou de conseiller une personne contre rémunération sans appartenir à l’un des groupes autorisés : un avocat ou un parajuriste membre en règle d’un barreau provincial ou territorial, un notaire du Québec, ou un consultant en immigration membre en règle du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC). L’aide non rémunérée d’un ami, d’un proche ou d’un organisme sans but lucratif est également permise. Ce guide explique qui sont ces personnes, ce que font réellement un avocat et un CRIC, ce que chaque option vous coûte en argent et en risque, comment un représentant est officiellement désigné, et comment vérifier que la personne que vous payez est bien autorisée. Quelle que soit la voie choisie, les mêmes règles et les mêmes agents décident de votre dossier, et aucun représentant ne peut garantir une approbation ni accélérer le traitement.
La loi : qui peut vous représenter ou vous conseiller contre rémunération (article 91 LIPR)
L’article 91 de la LIPR prévoit que nul ne peut sciemment représenter ou conseiller une personne contre rémunération, ni offrir de le faire, relativement à une demande ou une instance d’immigration, sauf s’il est un représentant autorisé. La même règle vise les conseils donnés avant même qu’une demande soit soumise, pas seulement le fait de remplir des formulaires.
Les groupes autorisés sont : un avocat membre en règle d’un barreau provincial ou territorial; un notaire membre en règle de la Chambre des notaires du Québec; tout autre membre en règle d’un barreau canadien, y compris un parajuriste; et un membre en règle du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (le Collège, ou CCIC). Un stagiaire en droit agissant sous la supervision de l’un de ces professionnels est aussi couvert.
Les mots clés sont « contre rémunération ». La règle vise les personnes qui exigent des honoraires ou reçoivent un autre avantage. Si quelqu’un d’autre que vous paie le représentant, celui-ci demeure un représentant payant. L’aide non rémunérée est traitée différemment : un ami, un proche ou un organisme sans but lucratif peut vous aider sans être membre d’un organisme de réglementation, tant qu’il n’exige pas d’honoraires ni d’autre contrepartie.
L’information éducative générale et gratuite, comme les guides et outils de ce site, n’est pas une représentation payante et ne remplace pas l’avis d’un professionnel autorisé sur votre propre dossier. ClearToEnter n’est ni un cabinet d’avocats ni un cabinet de consultation et ne représente personne.
Comment un représentant est officiellement désigné (formulaire IMM 5476)
Engager quelqu’un ne suffit pas en soi; IRCC doit en être informé. Pour qu’un représentant puisse communiquer avec IRCC et agir en votre nom, vous remplissez généralement le formulaire Recours aux services d’un représentant (IMM 5476) et le soumettez avec votre demande, en nommant la personne et, le cas échéant, son organisme de réglementation. Vous pouvez changer ou annuler un représentant plus tard en soumettant un formulaire mis à jour.
Vous devez déclarer tout représentant payant, que son aide survienne avant ou après le dépôt de la demande. Ne pas déclarer un représentant payant, ou laisser quelqu’un agir comme « fantôme » jamais nommé, peut entraîner le renvoi ou le refus de votre demande et soulever des questions de fausse déclaration. L’honnêteté sur ce point vous protège, et pas seulement le représentant.
IRCC et l’Agence des services frontaliers du Canada communiquent avec vous et, le cas échéant, avec un seul représentant désigné. Recourir à un représentant ne change pas le critère juridique appliqué par l’agent et ne vous fait pas avancer dans une file d’attente.
Qu’est-ce qu’un avocat en immigration ?
Un avocat en immigration est autorisé par un barreau provincial ou territorial et peut exercer le droit, ce qui comprend donner des avis juridiques, préparer des demandes et vous représenter. Les avocats peuvent aussi vous représenter devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié et en Cour fédérale, y compris en appel et en contrôle judiciaire, ce que les consultants ne peuvent généralement pas faire.
Les avocats détiennent une assurance responsabilité et sont assujettis au processus de plaintes et de discipline de leur barreau, ce qui vous offre un recours clair en cas de problème. Ils coûtent souvent plus cher que les consultants, en partie en raison de leur formation plus large et de l’étendue du travail qu’ils peuvent accomplir.
Ce que cela signifie pour vous : un avocat est souvent le meilleur choix pour les situations complexes ou à enjeux élevés, comme l’interdiction de territoire pour motifs criminels ou médicaux, un refus que vous voulez contester, un appel ou un contrôle judiciaire, une allégation de fausse déclaration, ou un dossier aux faits inhabituels où l’analyse juridique compte autant que les formulaires.
Qu’est-ce qu’un CRIC (consultant en immigration) ?
Un consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC) est un membre en règle du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC). Le Collège est l’organisme de réglementation national créé par une loi fédérale pour autoriser et surveiller les consultants. Le CCIC a remplacé l’ancien Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada (CRCIC), de sorte que les anciennes mentions d’un « CRIC » ou d’un « membre du CRCIC » désignent la même profession, aujourd’hui encadrée par le Collège.
Un CRIC autorisé peut vous conseiller et préparer et soumettre des demandes contre rémunération. Les CRIC sont souvent utilisés pour des demandes simples comme les permis d’études, les permis de travail, le parrainage familial et les profils Entrée express. Comme les avocats, ils sont liés par un code de déontologie et un processus de plaintes géré par leur organisme de réglementation.
Ce que cela signifie pour vous : un CRIC peut être une option économique pour une demande courante dont la tâche principale consiste à bien remplir les formulaires et à réunir les documents. Leur pouvoir est plus limité que celui d’un avocat, surtout pour les litiges en Cour fédérale, de sorte qu’un dossier complexe ou contesté peut mieux convenir à un avocat.
Faire votre demande vous-même
Présenter votre demande vous-même est toujours permis et gratuit, hormis les frais gouvernementaux. Les guides, listes de documents et formulaires d’IRCC sont publiés en ligne sans frais, et beaucoup de gens remplissent des demandes courantes sans aide payante. Choisir de vous représenter vous-même ne vous désavantage pas auprès d’IRCC; les agents appliquent les mêmes règles à tous.
Se représenter soi-même convient quand votre cas est simple et que vous êtes à l’aise de lire attentivement les instructions officielles et de respecter les échéances. Cela peut être plus risqué en cas d’interdiction de territoire, de refus antérieur, d’échéances serrées ou de faits complexes, où une seule erreur ou un détail oublié peut coûter cher.
Ce que cela signifie pour vous : une voie médiane sensée consiste à utiliser d’abord les outils éducatifs gratuits pour comprendre votre situation, puis à décider si la complexité ou les enjeux justifient de payer un professionnel autorisé. Vous pouvez aussi payer une consultation ponctuelle pour faire vérifier une demande préparée vous-même sans confier tout le dossier.
Comment vérifier un représentant et éviter les consultants fantômes
Avant de payer, confirmez vous-même que la personne est autorisée, à partir de la source officielle, plutôt que de vous fier à un logo, à un certificat affiché ou à une affirmation sur un site Web. Pour un consultant, consultez le registre public des membres du CCIC. Pour un avocat ou un parajuriste, vérifiez le répertoire du barreau provincial ou territorial concerné; pour un notaire du Québec, consultez la Chambre des notaires du Québec. Si vous ne pouvez pas confirmer son statut de membre en règle, ne la payez pas.
Un consultant non autorisé ou « fantôme » est une personne qui exige des honoraires pour conseiller ou remplir des formulaires sans être autorisée, ou qui vous dit de cacher son implication et de signer comme si vous aviez tout fait seul. C’est illégal selon l’article 91 de la LIPR et cela peut mettre votre demande et votre statut en péril, y compris un refus ou un constat de fausse déclaration.
Des signaux d’alarme à prendre au sérieux : une garantie d’approbation ou de décision plus rapide (personne ne peut le promettre), une pression pour fournir de faux renseignements ou de faux documents, un refus d’être nommé sur votre formulaire de recours à un représentant, un paiement exigé uniquement en argent comptant sans contrat ni reçu, ou une personne qui refuse de donner un numéro de membre vérifiable. Ne laissez jamais quelqu’un vous demander de donner de faux renseignements à IRCC ou à un agent.
Foire aux questions
Dois-je engager un avocat ou un consultant pour immigrer au Canada ?
Non. Vous pouvez préparer et soumettre votre propre demande gratuitement avec les guides et formulaires officiels d’IRCC. La représentation payante est facultative. Si vous payez quelqu’un, il doit être autorisé selon l’article 91 de la LIPR.
Quelle est la différence entre un avocat en immigration et un CRIC ?
Un avocat est autorisé par un barreau et peut donner des avis juridiques et vous représenter devant les tribunaux. Un CRIC est autorisé par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté et peut conseiller et préparer des demandes contre rémunération, mais avec un pouvoir plus limité, surtout en litige.
Est-il légal de payer une personne non autorisée pour remplir mes formulaires ?
Non. Selon l’article 91 de la LIPR, exiger des honoraires pour représenter ou conseiller sans être un avocat, un parajuriste, un notaire du Québec ou un membre du CCIC autorisé est une infraction. Recourir à un consultant non autorisé peut aussi nuire à votre demande.
Comment vérifier si un consultant en immigration est autorisé ?
Consultez le registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC) pour un consultant, ou le répertoire du barreau concerné pour un avocat ou un parajuriste. Confirmez qu’il est membre en règle avant de payer.
Les renseignements sur ClearToEnter équivalent-ils à engager un représentant ?
Non. ClearToEnter fournit de l’information éducative générale et gratuite et des outils. Ce n’est pas un avis juridique ni une représentation payante. Pour des conseils sur votre cas, consultez un avocat en immigration autorisé ou un consultant autorisé par le CCIC.
Devrais-je engager un avocat en immigration ou un CRIC ?
Les deux sont autorisés à exiger des honoraires, et l’un comme l’autre peut bien traiter de nombreuses demandes. En règle générale, un CRIC peut être un choix économique pour une demande simple, tandis qu’un avocat est souvent préféré pour les dossiers complexes ou à enjeux élevés comme l’interdiction de territoire, les refus, les appels ou la Cour fédérale, où les consultants ne peuvent généralement pas comparaître. Le bon choix dépend de vos faits; envisagez une consultation avant de vous engager.
Un ami ou un proche peut-il m’aider gratuitement avec ma demande ?
Oui. L’aide non rémunérée d’un ami, d’un proche ou d’un organisme sans but lucratif est permise; ces personnes n’ont pas à être membres d’un barreau ou du CCIC, car la règle de l’article 91 de la LIPR vise les personnes qui exigent des honoraires ou une autre contrepartie. Un représentant non rémunéré devrait tout de même être nommé sur votre formulaire de recours à un représentant (IMM 5476) s’il communique avec IRCC pour vous.
Qu’est-ce que le formulaire IMM 5476 (recours aux services d’un représentant) ?
L’IMM 5476 est le formulaire d’IRCC qui sert à désigner officiellement un représentant, payant ou non, afin qu’il puisse communiquer avec IRCC et agir pour vous. Il nomme la personne et, pour les représentants payants, son organisme de réglementation et son numéro de membre. Vous pouvez soumettre un formulaire mis à jour pour changer ou annuler un représentant. Vous devez déclarer tout représentant payant; recourir à un représentant « fantôme » non déclaré peut entraîner le renvoi ou le refus de votre demande.
Engager un avocat ou un consultant garantit-il l’approbation de ma demande ou un traitement plus rapide ?
Non. Un représentant ne peut garantir une approbation ni accélérer le traitement. Les agents d’IRCC et, le cas échéant, les tribunaux décident de chaque dossier selon la loi et la preuve, en appliquant les mêmes règles que vous ayez ou non un représentant. Un bon représentant peut vous aider à présenter une demande complète et exacte, mais la décision ne lui appartient jamais.
Guides
Sources officielles
Cette page est fondée sur le droit et les politiques publiés par le gouvernement du Canada.