Passer au contenu principal
Possession de drogues

Pouvez-vous entrer au Canada avec une accusation de possession de drogues ?

Les condamnations pour possession de drogues sont évaluées en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS), et la substance impliquée détermine votre niveau d'interdiction de territoire.

Sources : LIPR/IRCC · Mis à jour juin 2026

Réponse courte : peut-être, et cela dépend beaucoup de la substance. Une condamnation étrangère pour possession de drogues peut vous rendre interdit de territoire au Canada en vertu de l'article 36 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), mais c'est un agent frontalier ou des visas qui prend la décision finale dans chaque cas. La gravité dépend de la substance impliquée, de la quantité et du fait que l'infraction était une simple possession ou impliquait du trafic ou de la production. La Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS) du Canada régit les infractions liées aux drogues, et les agents de l'ASFC ne lisent pas simplement votre jugement étranger tel quel : ils associent votre condamnation à l'équivalent LRCDAS le plus proche, puis se demandent quelle aurait été la peine maximale si la même conduite avait eu lieu au Canada. C'est cet exercice d'équivalence, et non la peine que vous avez réellement reçue à l'étranger, qui vous place dans un niveau de criminalité selon la LIPR. Ce guide explique comment cela fonctionne pour toutes les substances contrôlées autres que le cannabis. Pour des conseils spécifiques à la marijuana, consultez notre guide sur la marijuana et l'entrée au Canada.

Comment le Canada classe les infractions liées aux drogues

La LRCDAS organise les substances contrôlées en annexes. L'annexe détermine la peine maximale, qui à son tour détermine votre classification d'interdiction de territoire selon la LIPR :

Annexe LRCDASSubstancesMaximum possession (acte criminel)Classification LIPR
Annexe ICocaïne, héroïne, fentanyl, méthamphétamine, opioïdes illicites7 ans (hybride)Criminalité: LIPR art. 36(2)
Annexe II (historique)Cannabis : retiré de la LRCDAS en 2018, désormais sous la Loi sur le cannabisVoir les dispositions de la Loi sur le cannabisAnalyse de double criminalité requise
Annexe IIIPsilocybine, LSD, mescaline3 ans (acte criminel)Criminalité non grave: LIPR art. 36(2)
Annexe IVBarbituriques, stéroïdes anabolisantsSimple possession non visée; obtention sans autorisation jusqu'à 18 moisCriminalité non grave: LIPR art. 36(2)

Substances de l'Annexe I : cocaïne, héroïne, fentanyl et opioïdes

La possession de substances de l'Annexe I, y compris la cocaïne, l'héroïne, la méthamphétamine, le fentanyl et les opioïdes d'ordonnance obtenus illégalement, est une infraction hybride en vertu de la LRCDAS art. 4(3)a) avec un maximum de 7 ans d'emprisonnement par mise en accusation. Aux fins de la LIPR, une infraction hybride est réputée être un acte criminel (LIPR art. 36(3)a)), donc c'est le plafond de 7 ans qui s'applique. Ce que cela signifie pour vous : comme ce maximum est inférieur à 10 ans, la simple possession d'une substance de l'Annexe I est généralement évaluée comme de la criminalité selon la LIPR art. 36(2), et non le niveau plus grave de l'art. 36(1), qui est réservé aux infractions canadiennes équivalentes comportant un maximum d'au moins 10 ans. Le trafic ou la production de ces mêmes substances est traité très différemment et atteint la grande criminalité (voir ci-dessous). La peine que vous avez réellement reçue à l'étranger, même une probation ou une amende, ne change pas cette classification ; c'est le maximum canadien qui compte.

Relever de l'art. 36(2) plutôt que de l'art. 36(1) laisse plus de voies ouvertes que la grande criminalité. Les principales options sont résumées ci-dessous, mais c'est un agent des visas ou frontalier qui prend la décision finale d'admissibilité dans votre cas, et les délais courent à partir du lendemain du jour où vous avez entièrement terminé chaque partie de votre peine (détention, probation, amendes et conditions).

  • !Les circonstances peuvent aggraver la situation : cette classification à l'art. 36(2) reflète la simple possession ; une grande quantité ou des indices d'intention de distribuer peuvent amener un agent à évaluer la conduite comme du trafic, ce qui constitue de la grande criminalité
  • Réhabilitation réputée : pour une seule condamnation admissible, vous pouvez être réputé réhabilité automatiquement une fois qu'au moins 10 ans se sont écoulés depuis le lendemain de l'exécution de votre peine, sans autres condamnations admissibles (LIPR art. 36(3)(c) et RIPR art. 18) ; un agent vérifie quand même l'admissibilité à la frontière
  • Réhabilitation criminelle : vous pouvez généralement présenter une demande une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés depuis l'exécution de votre peine ; les frais d'IRCC pour la criminalité non grave étaient de 246,25 $ CA au 1er décembre 2025 (vérifiez les frais actuels sur IRCC)
  • Permis de résident temporaire (PRT) : peut être demandé lorsqu'il existe un besoin justifié d'entrer avant que vous soyez admissible à la réhabilitation ; les frais d'IRCC étaient de 246,25 $ CA au 1er décembre 2025 (vérifiez les frais actuels sur IRCC)

Cannabis : la question de la double criminalité

La possession de cannabis est légale au Canada depuis le 17 octobre 2018, en vertu de la Loi sur le cannabis, et le cannabis a été retiré de la LRCDAS en même temps. Cela a créé une situation complexe de double criminalité pour les condamnations étrangères liées au cannabis. La double criminalité signifie qu'un agent se demande si la conduite à l'origine de votre condamnation étrangère serait aussi une infraction selon le droit canadien actuel : si ce n'est pas le cas, la condamnation peut, à elle seule, ne pas créer d'interdiction de territoire. Le piège est que la légalisation au Canada n'est pas illimitée, donc l'analyse dépend précisément de ce que vous avez fait, et non seulement de l'étiquette de l'accusation étrangère :

  • La simple possession de cannabis (dans les limites légales) n'est plus une infraction au Canada
  • En vertu du principe de double criminalité, une condamnation étrangère pour un acte qui n'est pas criminel au Canada peut ne pas créer d'interdiction de territoire
  • !Cependant, dépasser les limites légales de possession, le trafic et la production restent des infractions criminelles au Canada
  • !Le cannabis reste illégal au niveau fédéral américain, ce qui crée des complications transfrontalières

Pour des conseils détaillés spécifiques au cannabis, y compris comment différentes quantités et circonstances sont évaluées, consultez notre guide sur la marijuana et l'entrée au Canada.

Trafic et production : toujours grave

Le trafic de drogues (LRCDAS art. 5) et la production (LRCDAS art. 7) comportent des peines maximales considérablement plus élevées que la simple possession et sont presque toujours classés comme grande criminalité :

  • ! Trafic de substances de l'Annexe I, emprisonnement à perpétuité maximum
  • ! Production de substances de l'Annexe I, emprisonnement à perpétuité maximum
  • ! Trafic de l'Annexe III: 10 ans maximum

Si votre condamnation impliquait une intention de distribuer, du trafic ou de la fabrication, même si l'accusation a finalement été réduite à une simple possession par un accord de plaidoyer, les circonstances initiales peuvent quand même être considérées par l'ASFC lors de votre évaluation.

Annexes III et IV : criminalité non grave

La possession de substances de l'Annexe III (psilocybine, LSD, mescaline) est une infraction en vertu de la LRCDAS art. 4 avec un maximum de 3 ans par mise en accusation, ce qui relève de la criminalité non grave (LIPR art. 36(2)). Les substances de l'Annexe IV (barbituriques, stéroïdes anabolisants) fonctionnent différemment : la simple possession n'est pas en soi interdite par l'art. 4, mais le fait de les obtenir sans autorisation est une infraction pouvant aller jusqu'à 18 mois par mise en accusation, ce qui se situe aussi dans le niveau non grave. Comme ces infractions sont sous la ligne de la grande criminalité, plus de voies s'ouvrent que pour l'Annexe I :

  • Réhabilitation réputée : pour une seule condamnation non grave admissible, vous pouvez être réputé réhabilité automatiquement une fois qu'au moins 10 ans se sont écoulés depuis le lendemain de l'exécution de votre peine, sans autres condamnations admissibles (LIPR art. 36(3)(c) et RIPR art. 18) ; un agent vérifie quand même l'admissibilité à la frontière
  • Réhabilitation criminelle : vous pouvez généralement présenter une demande une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés depuis l'exécution de votre peine, plutôt que d'attendre les 10 ans complets ; les frais d'IRCC pour la criminalité non grave étaient de 246,25 $ CA au 1er décembre 2025 (vérifiez les frais actuels sur IRCC)
  • Permis de résident temporaire : peut être demandé lorsqu'il existe un besoin justifié d'entrer avant que vous soyez admissible à la réhabilitation ; les frais d'IRCC étaient de 246,25 $ CA au 1er décembre 2025 (vérifiez les frais actuels sur IRCC)

Découvrez comment votre accusation de drogue s'applique

Nos rapports associent votre condamnation pour drogue au droit canadien, identifiant l'annexe LRCDAS exacte, votre niveau d'interdiction de territoire et chaque voie disponible avec les délais et les coûts.

Voir les analyses approfondies & tarifs

Foire aux questions

Le Canada saura-t-il de ma condamnation pour possession de drogues ?+

Oui. Les agents de l'ASFC ont accès en temps réel aux casiers judiciaires américains via l'intégration CIPC/NCIC. Les condamnations pour drogues, y compris les accusation mineures de possession, apparaissent dans ces bases de données. Ne présumez pas qu'une accusation mineure de drogue passera inaperçue à la frontière.

J'ai été condamné pour possession, mais l'accusation avait été réduite depuis une accusation de trafic. Comment le Canada évalue-t-il cela ?+

Le Canada évalue la condamnation telle qu'enregistrée, si vous avez été condamné pour simple possession, c'est l'infraction associée au droit canadien. Cependant, les agents de l'ASFC peuvent examiner les circonstances de l'affaire, surtout si les dossiers indiquent que l'accusation initiale était du trafic. C'est la condamnation, et non l'accusation initiale, qui crée l'interdiction de territoire.

La possession de médicaments d'ordonnance sans prescription est-elle traitée différemment ?+

Si vous avez été condamné pour possession d'une substance contrôlée sans ordonnance valide, l'évaluation dépend de quelle annexe LRCDAS cette substance relève. Les opioïdes comme l'oxycodone et l'hydrocodone sont des substances de l'Annexe I, la possession comporte la même peine maximale que la possession de cocaïne ou d'héroïne.

J'ai complété un tribunal des drogues ou un programme de traitement, est-ce que ça aide ?+

L'achèvement d'un tribunal des drogues, de programmes de traitement ou de programmes de déjudiciarisation est vu positivement dans les demandes de réhabilitation criminelle et de PRT. Si le programme a abouti au rejet de votre accusation sans déclaration de culpabilité inscrite, vous pourriez n'être pas du tout interdit de territoire. Si une déclaration de culpabilité a quand même été inscrite, l'achèvement du traitement renforce votre dossier de réhabilitation.

Puis-je entrer au Canada si j'ai une carte de marijuana médicale mais une condamnation antérieure pour drogue ?+

Une autorisation actuelle de marijuana médicale n'affecte pas votre évaluation d'admissibilité pour une condamnation antérieure pour drogue. La question d'admissibilité est basée sur la condamnation, pas votre statut légal actuel. Notez également : vous ne pouvez pas apporter de marijuana à travers la frontière canadienne quel que soit votre autorisation médicale dans votre pays d'origine.

Une seule condamnation pour possession de cocaïne ou de fentanyl me rend-elle interdit de territoire à vie au Canada ?+

Non, pas de façon permanente. La possession d'une substance de l'Annexe I comme la cocaïne ou le fentanyl est une infraction hybride avec un maximum de 7 ans. Comme ce maximum est inférieur à 10 ans, une seule condamnation pour simple possession est généralement évaluée comme de la criminalité selon la LIPR art. 36(2), et non de la grande criminalité. Ce niveau est admissible à des recours : pour une seule condamnation admissible, vous pouvez être réputé réhabilité automatiquement une fois qu'au moins 10 ans se sont écoulés depuis le lendemain de l'exécution de votre peine (LIPR art. 36(3)(c) et RIPR art. 18), et vous pouvez demander la réhabilitation criminelle une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés. Un permis de résident temporaire peut être demandé pour voyager avant cela. Si les circonstances indiquent du trafic ou de la production plutôt que de la simple possession, l'évaluation peut être plus grave. Un agent des visas ou frontalier prend la décision finale dans chaque cas, et un avocat en immigration ou un consultant agréé par le CRCIC peut conseiller sur votre situation particulière.

Quelle est la différence entre la réhabilitation réputée et la réhabilitation criminelle pour une condamnation pour drogue ?+

La réhabilitation réputée est automatique et gratuite : pour une seule condamnation non grave admissible (par exemple, une seule condamnation pour possession de l'Annexe I, III ou IV), vous pourriez ne plus être interdit de territoire une fois qu'au moins 10 ans se sont écoulés depuis le lendemain de l'exécution de votre peine complète, sans autres condamnations admissibles (LIPR art. 36(3)(c) et RIPR art. 18). Elle ne s'applique pas à la grande criminalité, comme le trafic ou la production de drogues. La réhabilitation criminelle est quelque chose que vous demandez et payez : vous pouvez généralement présenter une demande une fois qu'au moins 5 ans se sont écoulés depuis l'exécution de votre peine, et elle peut régler les cas graves comme non graves. Les frais d'IRCC au 1er décembre 2025 étaient de 246,25 $ CA pour la criminalité non grave et de 1 231 $ CA pour la grande criminalité ; vérifiez les frais actuels sur IRCC. Un agent vérifie quand même si vous êtes réellement admissible.

Une vieille accusation de possession de drogue rejetée ou radiée affectera-t-elle quand même l'entrée au Canada ?+

L'interdiction de territoire en vertu de la LIPR art. 36 est généralement fondée sur une condamnation. Si votre accusation a été rejetée, retirée, ou si vous avez été acquitté sans déclaration de culpabilité inscrite, il pourrait n'y avoir aucune condamnation à associer au droit canadien, bien que vous deviez être prêt à présenter des documents. Les radiations ou la suppression de dossiers à l'étranger sont traitées avec prudence : le Canada évalue la conduite initiale selon son propre droit et ne reconnaît pas automatiquement un pardon ou une radiation étrangère, donc un agent peut quand même considérer l'infraction sous-jacente. Apportez des dossiers judiciaires certifiés qui montrent clairement la décision. Comme ces situations dépendent des faits, un avocat en immigration agréé ou un consultant du CRCIC peut examiner vos dossiers avant votre voyage.

Une condamnation pour drogue peut-elle m'empêcher d'obtenir la résidence permanente ou un permis d'études ou de travail, pas seulement de visiter ?+

Oui. L'interdiction de territoire pour criminalité en vertu de la LIPR art. 36 s'applique aux volets temporaires et permanents, donc une condamnation pour drogue peut affecter un visa de visiteur ou une AVE, un permis d'études, un permis de travail et une demande de résidence permanente. Pour les demandes permanentes, l'interdiction de territoire pour grande criminalité ne peut généralement pas être écartée par un simple permis et est souvent réglée par la réhabilitation criminelle. L'effet exact dépend de la substance, de la façon dont l'infraction s'associe au droit canadien et du temps écoulé. Un agent décide de chaque demande, et les conseils individuels devraient provenir d'un avocat en immigration ou d'un consultant agréé par le CRCIC.

📊 Vous voulez une analyse détaillée ?

Obtenez une analyse détaillée montrant comment le droit canadien de l'immigration s'applique à votre situation de possession de drogues, avec les articles LIPR pertinents, un aperçu de la complexité et une référence pour les prochaines étapes.

Voir les analyses approfondies → À partir de 49,99 $

Votre prochaine étape

Ne devinez pas votre admissibilité. Utilisez notre outil d'exploration gratuit pour comprendre comment votre dossier de possession de drogues s'inscrit dans la législation canadienne, de manière anonyme, en quelques minutes.

Explorer votre admissibilité: Gratuit

Vérifiez votre admissibilité

Comprenez comment votre condamnation pour possession de drogues affecte votre capacité à entrer au Canada, et quelles options sont disponibles.

Explorer votre admissibilité

Aucun compte requis · Résultats en quelques minutes

Plateforme éducative · Pas un conseil juridique