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Une brève histoire de l’immigration canadienne

Le système d’immigration du Canada ne s’est pas créé du jour au lendemain. Cet aperçu en langage clair retrace les grandes étapes, des premiers peuplements à l’ère moderne fondée sur les points.

Dernière vérification : juin 2026

On décrit souvent le Canada comme un pays bâti par l’immigration, mais les règles et les attitudes ont beaucoup changé avec le temps, passant de lois d’exclusion ouvertement discriminatoires à un système de points qui évalue les candidats selon leurs compétences plutôt que selon la race ou l’origine nationale. En bref : l’accent moderne sur les points, les compétences et le multiculturalisme résulte d’environ 150 ans d’évolution des politiques, dont un tournant en 1967 et l’adoption officielle du multiculturalisme en 1971. Comprendre cette histoire aide à expliquer pourquoi le système d’aujourd’hui, régi par la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR, en vigueur depuis 2002) et bâti autour d’outils comme l’Entrée express (lancée en 2015), fonctionne ainsi. Ceci est un aperçu éducatif des grandes étapes. C’est de l’histoire générale, pas un conseil en immigration, et les règles, cibles et programmes actuels changent souvent : vérifiez toujours sur canada.ca tout ce qui vous concerne.

Les premiers temps et la Confédération (1867 au début du 20e siècle)

Avant et après la Confédération de 1867, l’immigration était essentielle à la construction du nouveau pays. La première Loi sur l’immigration fédérale, adoptée en 1869, fut la première loi canadienne sur l’immigration après la Confédération et comportait très peu de restrictions sur les personnes admises; elle portait surtout sur des questions pratiques comme la sécurité et le traitement des passagers arrivant par bateau. Dans les décennies suivantes, le gouvernement a activement recruté des colons, surtout pour peupler les Prairies de l’Ouest à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

Les nouveaux arrivants de cette époque venaient surtout des îles Britanniques, d’Europe et des États-Unis, et la politique était étroitement liée au peuplement agricole et à l’expansion ferroviaire. Le chemin de fer Canadien Pacifique, achevé en 1885, a été construit en partie grâce au travail de milliers d’ouvriers chinois, ce qui rend la suite, la taxe d’entrée de cette même année, particulièrement frappante.

Ce que cela signifie pour le contexte : à cette époque, il n’y avait ni système de points ni demande en ligne centralisée. La « politique d’immigration » consistait surtout à recruter des agriculteurs pour peupler les terres, et la porte était relativement ouverte aux immigrants jugés souhaitables, tout en étant fermée ou taxée pour d’autres.

L’ère de l’exclusion et la taxe d’entrée chinoise (1885 à 1947)

La politique d’immigration des débuts était aussi ouvertement discriminatoire. La Loi de l’immigration chinoise de 1885 a instauré la taxe d’entrée chinoise, des frais imposés à la plupart des personnes d’origine chinoise entrant au Canada. On la décrit largement comme la première loi canadienne à restreindre l’immigration selon l’origine ethnique. La taxe a débuté à 50 $ par personne, puis a été augmentée pour atteindre jusqu’à 500 $, une somme énorme à l’époque. Elle visait à décourager l’immigration chinoise une fois que la main-d’œuvre chinoise n’était plus nécessaire à la construction ferroviaire.

La taxe n’ayant pas suffisamment freiné l’immigration au goût des partisans de la politique, le Parlement a adopté en 1923 une nouvelle Loi de l’immigration chinoise, souvent appelée Loi d’exclusion des Chinois, qui a pratiquement interdit toute immigration chinoise. Elle est demeurée en vigueur jusqu’à son abrogation en 1947, dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale. D’autres groupes ont aussi subi des restrictions et de l’exclusion à cette époque, par des mesures comme le règlement du « voyage continu » et divers décrets.

Ces politiques d’exclusion sont aujourd’hui largement reconnues comme un chapitre difficile de l’histoire canadienne. En 2006, le gouvernement fédéral a présenté des excuses officielles pour la taxe d’entrée et l’ère de l’exclusion. Comprendre cette période explique pourquoi le virage de 1967 vers un système de points neutre quant à la race est considéré comme un tournant aussi important.

Le système de points de 1967 et le multiculturalisme officiel (1967 à 1988)

En 1967, le Canada a instauré un système de points évaluant les immigrants selon des facteurs comme l’éducation, les compétences professionnelles, les perspectives d’emploi, l’âge et la maîtrise de l’anglais ou du français, plutôt que l’origine nationale ou la race. C’était un virage marquant vers une approche plus objective fondée sur les compétences, qui a éliminé les préférences explicites de race et d’origine nationale des politiques antérieures. L’idée de base, noter les candidats selon des critères transparents et admettre ceux qui atteignent un seuil, sous-tend encore l’immigration économique aujourd’hui.

En 1971, le Canada est devenu le premier pays au monde à adopter le multiculturalisme comme politique gouvernementale officielle, annoncée par le premier ministre Pierre Trudeau dans un cadre bilingue. La politique a ensuite été renforcée et inscrite dans la loi par la Loi sur le multiculturalisme canadien de 1988, qui a énoncé l’objectif de préserver et de valoriser la diversité culturelle du Canada.

La Loi sur l’immigration de 1976 (entrée en vigueur en 1978) a encore modernisé le cadre. Elle a énoncé, pour la première fois dans la loi, les objectifs et principes fondamentaux du programme d’immigration du Canada, établi officiellement des catégories de réfugiés conformes aux engagements internationaux du Canada, et accordé aux provinces un rôle plus important, une base qui a plus tard donné les Programmes des candidats des provinces.

Ce que cela signifie pour vous : quand on dit que l’immigration canadienne est « fondée sur les points » et « multiculturelle », ce ne sont pas des slogans. Ce sont des choix de politique concrets faits entre 1967 et 1988 qui façonnent encore l’évaluation des demandes.

Le système moderne (2002 à aujourd’hui)

La Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), en vigueur depuis 2002, est la principale loi régissant l’immigration aujourd’hui, appuyée par le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR). La LIPR a remplacé la Loi de 1976 et a regroupé les règles sur qui peut entrer et rester, les catégories d’immigration et les motifs d’interdiction de territoire.

En 2015, le Canada a lancé l’Entrée express, un système en ligne qui gère les demandes pour des programmes économiques clés (la catégorie des travailleurs qualifiés fédéraux, la catégorie des métiers spécialisés fédéraux, la catégorie de l’expérience canadienne et une partie du Programme des candidats des provinces). Plutôt qu’une file selon l’ordre d’arrivée, il classe les candidats dans un bassin à l’aide du Système de classement global (SCG) et invite les mieux classés à demander la résidence permanente. Ces dernières années, IRCC a aussi tenu des rondes par catégorie ciblant des candidats ayant une expérience de travail précise ou une forte compétence en français; les catégories exactes sont fixées par le ministre et mises à jour périodiquement, alors consultez la liste actuelle sur canada.ca.

Aujourd’hui, le système combine programmes économiques fédéraux, Programmes des candidats des provinces (PCP), parrainage familial et protection des réfugiés, s’appuyant sur les fondations fondées sur les compétences et le multiculturalisme bâties au fil des décennies. Le gouvernement fédéral présente ses admissions prévues dans un Plan des niveaux d’immigration pluriannuel mis à jour régulièrement; les plans récents ont mis davantage l’accent sur la gestion de la croissance globale, y compris le nombre de résidents temporaires. Comme les cibles, les programmes et les règles changent souvent, considérez tout chiffre ou détail précis que vous lisez comme un instantané et confirmez la situation actuelle sur canada.ca.

Ce que cela signifie pour vous : la grande histoire est celle d’un système passé du recrutement ouvert, en passant par une ère d’exclusion, à un modèle transparent fondé sur les points et les programmes. La structure est durable, mais les niveaux, catégories et critères de sélection précis sont délibérément ajustés par le gouvernement au fil du temps.

Foire aux questions

Quand le Canada a-t-il instauré son système de points ?

Le Canada a instauré le système de points en 1967. Il évaluait les immigrants selon des facteurs comme l’éducation, les compétences et la langue plutôt que l’origine nationale, marquant un virage majeur vers une approche fondée sur les compétences.

Qu’était la taxe d’entrée chinoise ?

Instaurée en 1885, la taxe d’entrée chinoise imposait des frais aux immigrants chinois. La Loi de l’immigration chinoise de 1923 a ensuite pratiquement interdit l’immigration chinoise jusqu’à son abrogation en 1947. Ces politiques sont aujourd’hui reconnues comme discriminatoires.

Quand le Canada a-t-il adopté le multiculturalisme ?

Le Canada est devenu le premier pays à adopter le multiculturalisme comme politique officielle en 1971, renforcé par la Loi sur le multiculturalisme canadien de 1988.

Quelle loi régit l’immigration canadienne aujourd’hui ?

La principale loi est la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), en vigueur depuis 2002, appuyée par le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR). L’Entrée express, lancée en 2015, est le système en ligne utilisé pour gérer les demandes de plusieurs programmes économiques fédéraux.

Quelle a été la première loi canadienne sur l’immigration ?

La première Loi sur l’immigration fédérale après la Confédération a été adoptée en 1869. Elle comportait très peu de restrictions sur les personnes pouvant immigrer et portait surtout sur la sécurité et le traitement des passagers arrivant par bateau. Des lois plus restrictives et, dans certains cas, ouvertement discriminatoires sont venues plus tard, à partir des années 1880.

Le Canada a-t-il présenté des excuses pour la taxe d’entrée chinoise ?

Oui. Le 22 juin 2006, le gouvernement fédéral a présenté des excuses officielles à la Chambre des communes pour la taxe d’entrée chinoise (en vigueur dès 1885) et l’exclusion de la plupart des immigrants chinois de 1923 à 1947. Le gouvernement a aussi annoncé des paiements symboliques de réparation et un financement de reconnaissance communautaire.

En quoi le système moderne diffère-t-il du système de points de 1967 ?

Le système de points de 1967 a introduit l’idée centrale de noter les candidats selon des facteurs objectifs comme l’éducation, les compétences, l’âge et la langue plutôt que la race ou l’origine nationale. Le système moderne conserve cette idée mais ajoute beaucoup de structure, dont le bassin de l’Entrée express et son Système de classement global, les Programmes des candidats des provinces et les rondes de sélection par catégorie. Les critères et les cibles sont ajustés par le gouvernement au fil du temps, alors confirmez les détails actuels sur canada.ca.

Pourquoi le Canada a-t-il changé sa politique d’immigration au 20e siècle ?

Plusieurs pressions ont motivé le changement : les lois ouvertement discriminatoires de l’ère de l’exclusion sont devenues de plus en plus indéfendables, surtout après la Seconde Guerre mondiale et l’engagement du Canada envers les droits de la personne; l’économie avait besoin de travailleurs qualifiés; et le Canada voulait un système plus transparent et crédible à l’international. Le système de points de 1967 et la Loi sur l’immigration de 1976 ont reflété ce virage, et le multiculturalisme officiel (1971, renforcé par la Loi de 1988) a présenté la diversité comme un atout national plutôt que comme une chose à restreindre.

Guides

Sources officielles

Cette page est fondée sur le droit et les politiques publiés par le gouvernement du Canada.