Passer au contenu principal
LIPR art. 38 · Motifs sanitaires

Interdiction de territoire pour motifs sanitaires: Une condition de santé peut-elle vous barrer l'entrée au Canada ?

Motifs sanitaires de la LIPR art. 38, seuil de fardeau excessif, quelles conditions déclenchent un examen, le processus d'examen médical aux fins de l'immigration et vos options.

✓ Dernière vérification : juin 2026

Dans la plupart des cas, la réponse est non, mais dans certains cas une condition de santé peut rendre une personne interdite de territoire au Canada. Les motifs sont plus étroits que beaucoup ne le supposent. L'article 38 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) établit deux motifs sanitaires d'interdiction de territoire : un danger pour la santé publique ou la sécurité publique, et le fardeau excessif pour les services de santé ou les services sociaux. La grande majorité des conditions courantes, comme un diabète contrôlé, une hypertension bien gérée, l'asthme ou un cancer en rémission, n'entraînent généralement pas de conclusion d'interdiction de territoire. Ce qui compte, c'est de savoir si la condition est transmissible et dangereuse, ou si le coût financé par l'État des services qu'une personne est raisonnablement susceptible de nécessiter dépasserait un seuil de coûts mis à jour annuellement. Pour la résidence temporaire (visa de visiteur, permis de travail ou permis d'études), l'évaluation ne se pose généralement que lorsqu'un examen médical aux fins de l'immigration est requis. Ce guide explique ce que dit la loi en langage clair. Il est éducatif et ne constitue pas un conseil juridique : un agent d'IRCC ou des visas évalue chaque demande et décide, et chaque situation individuelle devrait être examinée par un avocat spécialisé en immigration ou un consultant réglementé par le CCIC.

LIPR art. 38 : les deux motifs sanitaires

L'article 38(1) de la LIPR rend un étranger interdit de territoire pour motifs sanitaires si son état de santé :

Motif 1 : Danger pour la santé ou la sécurité publique, art. 38(1)(a) et (b)

Une personne est interdite de territoire si son état est susceptible de constituer un danger pour la santé publique (art. 38(1)(a)) ou la sécurité publique (art. 38(1)(b)). Ce motif est relativement étroit et s'est historiquement appliqué aux conditions qui sont :

  • ! Transmissibles et représentent un risque pour autrui (p. ex., tuberculose active et infectieuse, syphilis non traitée)
  • ! Conditions pouvant faire de la personne un danger pour autrui (p. ex., maladie mentale grave non traitée associée à des antécédents de violence, un motif rarement appliqué)

Note sur le VIH : Historiquement, le VIH était évalué sous le motif de danger pour la santé publique. Cependant, la politique d'IRCC a évolué de manière significative, les personnes séropositives dont l'état est géré et non transmissible par contact ordinaire ne sont pas automatiquement interdites de territoire pour motifs de santé publique. L'évaluation du « danger pour la santé publique » est spécifique à la condition et basée sur des preuves.

Motif 2 : Fardeau excessif, art. 38(1)(c)

Le motif médical le plus fréquemment appliqué est le fardeau excessif pour les services de santé ou les services sociaux. Un étranger est interdit de territoire si son état de santé est raisonnablement susceptible de causer un fardeau excessif sur les services, défini comme les coûts anticipés ou l'utilisation des services qui :

  • Dépassent le seuil de coûts de fardeau excessif au cours de l'une des cinq prochaines années ; OU
  • Nuisent considérablement aux listes d'attente pour les services de santé ou les services sociaux d'une façon qui met en danger la vie ou la sécurité de citoyens canadiens ou de résidents permanents en attente de ces services

Le seuil de coûts de fardeau excessif expliqué

Le seuil de fardeau excessif est fixé annuellement par IRCC. Il repose sur le coût moyen par habitant des services de santé et sociaux financés par l'État au Canada, calculé comme trois fois cette moyenne et projeté sur cinq ans. Si le coût anticipé des services qu'une personne est raisonnablement susceptible de nécessiter est susceptible de dépasser ce seuil, un agent peut conclure à un fardeau excessif. L'idée clé à comprendre est que le test porte sur le coût projeté financé par l'État, et non sur le diagnostic lui-même : deux personnes ayant la même condition peuvent recevoir des évaluations différentes selon les services que chacune est réellement susceptible d'utiliser.

Seuil actuel (2026) : Pour 2026, IRCC a fixé le seuil de coûts de fardeau excessif à environ 28 878 $ CAD par année, soit environ 144 390 $ CAD sur cinq ans (en vigueur au début de 2026; le chiffre de 2025 était d'environ 27 162 $ par année). IRCC met ce chiffre à jour chaque année, donc confirmez le seuil actuel sur canada.ca ou auprès d'un professionnel de l'immigration agréé avant de vous fier à un quelconque chiffre.

Un agent médical, appuyé par les conclusions d'un médecin désigné, examine les résultats de l'examen médical aux fins de l'immigration et prépare une estimation des coûts anticipés en services de santé et services sociaux. L'estimation peut couvrir l'ensemble des services attendus : soins hospitaliers, médicaments, services spécialisés, soins à domicile et soutiens sociaux comme un placement institutionnel spécialisé. Concrètement, cela signifie qu'un agent compare des coûts projetés réalistes et fondés sur des preuves au seuil, plutôt que de réagir simplement au nom d'une condition.

Qui est exempté du motif de fardeau excessif : Le motif de fardeau excessif ne s'applique pas à tout le monde. Les réfugiés et les personnes protégées en sont exemptés, tout comme la plupart des conjoints, conjoints de fait et enfants à charge parrainés dans la catégorie du regroupement familial. Ces groupes peuvent généralement encore être évalués selon les motifs de danger pour la santé publique ou la sécurité publique, mais pas pour fardeau excessif. Les résidents temporaires (visa de visiteur, permis de travail, permis d'études) ne sont généralement soumis à l'évaluation du fardeau excessif que lorsque leur demande déclenche une exigence d'examen médical. L'admissibilité à une exemption dépend de la catégorie précise, alors confirmez votre situation auprès d'IRCC ou d'un professionnel agréé.

Qui doit passer un examen médical aux fins de l'immigration ?

Tous les demandeurs ne sont pas tenus de passer un examen médical aux fins de l'immigration (EMI). L'exigence dépend de :

  • Pays de résidence : Les demandeurs qui ont récemment vécu dans un pays désigné par IRCC (généralement des pays avec des taux plus élevés de certaines maladies transmissibles) peuvent devoir passer un examen médical; l'application dépend aussi de la durée prévue de votre séjour, alors consultez les règles actuelles et la liste des pays désignés d'IRCC
  • Durée du séjour : Les résidents temporaires (visiteurs, travailleurs, étudiants) ayant l'intention de séjourner plus de 6 mois au Canada doivent passer un examen médical dans la plupart des cas
  • Profession : Les personnes travaillant dans certaines professions (soins de santé, garde d'enfants) doivent passer un examen médical quel que soit le pays ou la durée du séjour
  • Résidence permanente : Tous les demandeurs de résidence permanente et leurs personnes à charge doivent passer un examen médical

Les EMI doivent être effectués par un médecin désigné par IRCC, pas votre propre médecin de famille. Les résultats sont généralement valides pendant 12 mois à compter de la date de l'examen, et le délai ne s'arrête pas pendant le traitement d'une demande. Concrètement : si le traitement est long, un agent peut demander un examen à jour avant de finaliser la demande. Un EMI qui identifie une condition n'est pas en soi une conclusion d'interdiction de territoire; c'est le début d'une évaluation.

Quelles conditions déclenchent généralement un examen

Les conditions qui déclenchent fréquemment un examen pour fardeau excessif ou pour santé publique comprennent :

Maladies transmissibles

Tuberculose pulmonaire active, syphilis non traitée, autres conditions sur la liste des conditions désignées d'IRCC. Note : le VIH n'est plus automatiquement inadmissible, le traitement et la non-transmissibilité sont évalués.

Conditions nécessitant des soins continus à coût élevé

Insuffisance rénale terminale (dialyse), déficiences intellectuelles ou physiques graves nécessitant des services de soutien intensifs, certains cancers en traitement actif, sclérose en plaques avec besoins de soins élevés.

Troubles de santé mentale

Ne déclenchent une interdiction de territoire que dans de rares cas où (a) ils constituent un danger pour la sécurité publique ou (b) ils nécessitent des soins institutionnels continus coûteux. La plupart des troubles de santé mentale n'entraînent pas d'interdiction de territoire.

Conditions nécessitant des services sociaux

Conditions nécessitant un placement institutionnel spécialisé continu, un soutien à domicile étendu ou des services d'aide sociale qui dépasseraient le seuil.

La plupart des conditions de santé n'entraînent PAS d'interdiction de territoire. Les maladies chroniques courantes (diabète contrôlé, hypertension, asthme, dépression, anxiété), les cancers passés en rémission et de nombreux handicaps ne dépassent pas le seuil de fardeau excessif et ne déclenchent pas le motif de santé ou de sécurité publique.

Plans d'atténuation et équité procédurale

Si un agent médical détermine qu'une condition peut causer un fardeau excessif, IRCC doit fournir une lettre d'équité procédurale avant de rendre une conclusion finale d'interdiction de territoire. Vous avez le droit de répondre avec :

  1. 1

    Un plan d'atténuation

    Un plan écrit démontrant que vous n'imposerez pas de fardeau excessif aux services canadiens. Cela comprend généralement : des preuves de couverture d'assurance maladie privée, une documentation indiquant qu'une condition est gérée et peu susceptible de nécessiter les services prévus, des engagements des membres de la famille à fournir des soins, un financement privé préarrangé pour les services.

  2. 2

    Contestation de l'estimation des coûts

    Vous pouvez contester l'estimation des coûts projetés du médecin désigné avec une opinion médicale d'expert et des preuves que les services prévus ne seraient pas réellement requis ou seraient financés à titre privé.

  3. 3

    Considérations humanitaires et compassionnelles (H&C)

    Si vous avez une présence solide au Canada, une famille canadienne ou d'autres circonstances convaincantes, les considérations H&C peuvent être pesées parallèlement à la détermination d'interdiction de territoire pour motifs sanitaires.

Le délai est crucial. Les réponses d'équité procédurale ont des délais stricts, souvent environ 60 à 90 jours à compter de la date de la lettre, bien que le délai exact soit indiqué dans la lettre elle-même. Une réponse qui manque le délai est généralement traitée comme une confirmation de la conclusion d'interdiction de territoire, la lettre est donc sensible au temps. De nombreux demandeurs choisissent de consulter rapidement un avocat spécialisé en immigration ou un consultant réglementé par le CCIC après en avoir reçu une, car la préparation de preuves médicales et d'un plan d'atténuation crédible prend du temps.

Vous vous inquiétez de l'interdiction de territoire pour motifs sanitaires ?

Explorez votre situation avec notre outil d'admissibilité gratuit, ou obtenez une analyse détaillée montrant comment l'article 38 de la LIPR s'applique à votre cas.

Explorer votre admissibilité

Foire aux questions

Le diabète, les antécédents de cancer ou le VIH me rendent-ils interdit de territoire au Canada ?+

Pas automatiquement. Le diabète contrôlé, les cancers passés en rémission et le VIH avec une gestion efficace et un faible risque de transmission n'entraînent généralement pas d'interdiction de territoire pour motifs sanitaires. L'évaluation du fardeau excessif est basée sur le coût projeté des services dont vous auriez réellement besoin, pas simplement l'existence d'une condition. La politique d'IRCC sur le VIH a évolué de manière significative; les personnes séropositives ne sont pas automatiquement interdites de territoire.

Qu'est-ce que l'examen médical aux fins de l'immigration et où le passer ?+

L'examen médical aux fins de l'immigration (EMI) doit être effectué par un médecin désigné par IRCC, pas votre propre médecin. Il comprend un examen physique, une radiographie pulmonaire (pour les adultes), des analyses d'urine et des analyses sanguines selon votre âge et votre pays de résidence. Les résultats sont soumis directement à IRCC par le médecin désigné. Les résultats de l'EMI sont valides pendant 12 mois.

J'ai reçu une lettre d'équité procédurale concernant le fardeau excessif. Que se passe-t-il ensuite ?+

Une lettre d'équité procédurale vous accorde un délai limité, souvent évalué à environ 60 à 90 jours, pour répondre avec des preuves contestant la projection des coûts ou présentant un plan d'atténuation, et manquer ce délai est généralement traité comme une acceptation de la conclusion d'interdiction de territoire. Comme la réponse est technique et urgente, beaucoup de demandeurs choisissent de consulter rapidement un avocat en immigration ou un consultant réglementé par le CRCIC. Un agent de l'ASFC à un point d'entrée ne peut pas conseiller sur les réponses d'équité procédurale pour les demandes d'immigration.

Peut-on me refuser un visa de visiteur à cause d'une condition de santé ?+

Oui, si votre demande déclenche une exigence d'examen médical et qu'une condition est identifiée. Les visiteurs qui séjournent moins de 6 mois et qui ne travaillent pas dans les soins de santé ou la garde d'enfants n'ont généralement pas besoin d'un examen médical. Les visiteurs séjournant plus de 6 mois dans la plupart des cas nécessitent un examen.

Quel est le seuil de fardeau excessif pour 2026 ?+

Pour 2026, IRCC a fixé le seuil de coûts de fardeau excessif à environ 28 878 $ CAD par année, soit environ 144 390 $ CAD sur cinq ans (le chiffre de 2025 était d'environ 27 162 $ par année). IRCC met ce chiffre à jour chaque année, alors confirmez toujours le seuil actuel à canada.ca ou auprès d'un professionnel de l'immigration agréé avant de vous fier à un quelconque chiffre. Le seuil n'est pas des frais que vous payez; c'est un repère qu'un agent utilise pour estimer si les coûts projetés financés par l'État seraient excessifs.

Qui est exempté du motif médical de fardeau excessif ?+

Les réfugiés et les personnes protégées sont exemptés du motif de fardeau excessif, tout comme la plupart des conjoints, conjoints de fait et enfants à charge parrainés dans la catégorie du regroupement familial. Ces groupes peuvent encore être évalués selon les motifs de danger pour la santé publique ou la sécurité publique, mais généralement pas pour fardeau excessif. L'application d'une exemption dépend de la catégorie d'immigration précise, alors confirmez votre situation auprès d'IRCC ou d'un professionnel agréé.

L'évaluation du fardeau excessif repose-t-elle sur mon diagnostic ou sur le coût ?+

Elle repose sur le coût projeté, financé par l'État, des services de santé et sociaux que vous êtes raisonnablement susceptible de nécessiter, et non sur le diagnostic seul. C'est pourquoi deux personnes ayant la même condition peuvent être évaluées différemment : un agent médical estime des coûts anticipés réalistes, incluant traitement, médicaments et services sociaux, et les compare au seuil annuel. Les conditions bien gérées et peu susceptibles de nécessiter des services coûteux financés par l'État ne le dépassent souvent pas.

Puis-je utiliser une assurance maladie privée pour surmonter le fardeau excessif ?+

Une preuve de couverture privée ou un financement privé préarrangé peut faire partie d'un plan d'atténuation en réponse à une lettre d'équité procédurale, aux côtés de preuves médicales que les services projetés ne seront pas réellement requis aux frais de l'État. L'acceptation d'un plan donné est décidée par l'agent en fonction de la solidité et de la crédibilité des preuves. Un avocat spécialisé en immigration ou un consultant réglementé par le CCIC peut conseiller sur ce qu'est un plan viable pour un cas individuel.

📊 Vous souhaitez une analyse d'admissibilité détaillée ?

Notre analyse d'admissibilité fournit une analyse détaillée de la manière dont l'article 38 de la LIPR et d'autres motifs d'interdiction de territoire s'appliquent à votre situation, avec un aperçu de la complexité et une référence aux prochaines étapes.

Voir les analyses approfondies → À partir de 49,99 $

Explorez votre admissibilité

Comprenez comment le droit canadien de l'immigration, y compris les motifs sanitaires de l'article 38 de la LIPR, s'applique à votre situation.

Explorer votre admissibilité

Aucun compte requis · Résultats en quelques minutes

Plateforme éducative · Pas un conseil juridique