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Protection des réfugiés · LIPR Partie 2

Comment demander le statut de réfugié au Canada

Un guide 2026 sur le système canadien de protection des réfugiés — réfugié au sens de la Convention selon la LIPR art. 96, personnes à protéger selon l'art. 97, l'Accord sur les tiers pays sûrs, et le déroulement du processus de la demande à la décision.

Dernière vérification : mars 2026

Le Canada est signataire de la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et de son Protocole de 1967. La Partie 2 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) établit le système canadien de protection des réfugiés, qui offre une protection à deux catégories de personnes : les réfugiés au sens de la Convention (LIPR art. 96) et les personnes à protéger (LIPR art. 97). Ce guide explique le fonctionnement du système, qui est admissible, et à quoi ressemble le processus de la demande à la décision. Il ne constitue pas un conseil juridique — les demandes d'asile sont complexes et il est fortement conseillé de faire appel à un avocat spécialisé en immigration agréé ou à un praticien accrédité en droit des réfugiés.

Motifs de protection des réfugiés au Canada

Réfugié au sens de la Convention — LIPR art. 96

L'article 96 de la LIPR définit un réfugié au sens de la Convention comme une personne qui a une crainte fondée de persécution fondée sur l'un des cinq motifs suivants :

  • Race
  • Religion
  • Nationalité
  • Appartenance à un groupe social particulier
  • Opinion politique

La persécution doit être le fait de l'État (gouvernement) ou de groupes que l'État ne peut pas ou ne veut pas contrôler. Une crainte fondée comporte à la fois une composante subjective (le demandeur craint sincèrement la persécution) et une composante objective (il existe une base raisonnable pour la crainte selon les conditions dans le pays).

Personne à protéger — LIPR art. 97

L'article 97 offre une protection aux personnes qui, si elles étaient renvoyées dans leur pays, seraient exposées à :

  • Risque pour la vie Un risque pour leur vie ou un risque de traitement ou de peines cruels et inusités (art. 97(1)(a)); ou
  • Danger de torture Un danger de torture au sens de l'article 1 de la Convention contre la torture (art. 97(1)(b))

L'article 97 est plus large que l'art. 96 en ce qu'il n'exige pas de lien avec un motif de la Convention — mais plus étroit en exigeant un risque personnalisé (et non un risque généralisé auquel tout le monde dans un pays est confronté).

L'Accord sur les tiers pays sûrs (ATPS) — Ce que cela signifie pour les passages à la frontière américaine

L'Accord Canada–États-Unis sur les tiers pays sûrs (ATPS) exige que les demandeurs d'asile cherchent protection dans le premier pays sûr où ils arrivent — soit le Canada, soit les États-Unis. Principales implications :

  • !Aux points d'entrée officiels : Une personne arrivant des États-Unis à un point de passage frontalier officiel qui demande le statut de réfugié sera généralement renvoyée aux États-Unis en vertu de l'ATPS, sauf si une exception s'applique.
  • Les exceptions à l'ATPS comprennent : les mineurs non accompagnés; les personnes ayant des membres de la famille proche au Canada (conjoint, enfant, parent, frère/sœur qui est citoyen canadien, RP, réfugié au sens de la Convention ou personne protégée); les personnes bénéficiant de l'exception canadienne pour la peine de mort; et les personnes accusées ou condamnées pour une infraction pouvant entraîner la peine de mort aux États-Unis.
  • ATPS élargi (2023) : L'ATPS a été élargi en mars 2023 pour s'appliquer à tous les points d'entrée le long de la frontière Canada–États-Unis, y compris les passages non officiels. Auparavant, l'ATPS ne s'appliquait qu'aux ports officiels. Les demandes présentées depuis l'intérieur du Canada ne sont pas affectées par l'ATPS.

Si vous êtes déjà à l'intérieur du Canada (p. ex., entré avec un visa de visiteur, un permis d'études ou un permis de travail), l'ATPS ne vous empêche pas de présenter une demande d'asile au Canada. Seuls les passages frontaliers depuis les États-Unis sont soumis à l'accord.

Admissibilité à une demande d'asile — LIPR art. 101

La LIPR art. 101 établit qui est inadmissible à présenter une demande d'asile au Canada. Une demande ne peut pas être déférée à la CISR si le demandeur :

  • A été reconnu comme réfugié au sens de la Convention dans un autre pays où il peut retourner
  • Est arrivé au Canada en provenance d'un tiers pays sûr désigné par règlement (actuellement les États-Unis en vertu de l'ATPS, avec des exceptions)
  • A présenté une demande d'asile antérieure au Canada qui a été rejetée, retirée ou abandonnée
  • Est interdit de territoire pour des raisons de sécurité, de violations des droits de la personne ou du droit international, ou de criminalité organisée
  • A eu une demande d'asile rejetée dans un pays avec lequel le Canada a conclu un accord d'échange d'informations désigné

Le processus de demande d'asile : Étape par étape

  1. 1

    Présentation de la demande

    Les demandes peuvent être présentées à un point d'entrée (auprès d'un agent de l'ASFC) ou à l'intérieur du pays (dans un bureau de l'IRCC ou un Centre Service Canada). Vous remplissez le formulaire Fondement de la demande d'asile (FDA), qui est votre exposé écrit des raisons pour lesquelles vous avez besoin de protection.

  2. 2

    Détermination de la recevabilité

    L'ASFC ou l'IRCC examine si votre demande est recevable pour être déférée à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) en vertu de la LIPR art. 101. Si recevable, votre demande est déférée à la Section de la protection des réfugiés (SPR).

  3. 3

    Audience de la Section de la protection des réfugiés (SPR)

    La SPR est le tribunal indépendant au sein de la CISR qui entend les demandes d'asile. Les audiences sont conduites par un membre (décideur). Vous présentez votre demande avec des preuves à l'appui, de la documentation sur les conditions dans le pays et, le cas échéant, des témoignages.

  4. 4

    Décision

    Le membre de la SPR accepte ou rejette la demande. Si elle est acceptée, vous êtes reconnu comme réfugié au sens de la Convention ou personne protégée et pouvez demander la résidence permanente. Si elle est rejetée, vous pouvez faire appel à la Section d'appel des réfugiés (SAR) dans les 15 jours.

  5. 5

    Appel — Section d'appel des réfugiés (SAR)

    La SAR révise les décisions de la SPR sur des questions de fait, de droit ou de fait et droit mêlés. Tous les demandeurs dont la demande est rejetée n'ont pas droit d'appel devant la SAR (p. ex., les demandes provenant de pays désignés d'origine ont des droits d'appel limités).

  6. 6

    Évaluation des risques avant renvoi (ERAR)

    Si tous les recours sont épuisés et qu'une mesure de renvoi est prise, les demandeurs peuvent faire une demande d'ERAR, qui évalue si les conditions dans le pays de renvoi ont changé depuis la décision de la SPR/SAR.

Délai et droits pendant que votre demande est en instance

Les délais de traitement des demandes d'asile varient considérablement. En 2026, les audiences de la SPR sont prévues environ 12 à 24 mois après le renvoi de la demande, selon le volume des demandes, le pays d'origine et le lieu d'audience.

Droits pendant que votre demande d'asile est en instance :

  • Permis de travail : Les demandeurs d'asile admissibles peuvent demander un permis de travail ouvert pendant que leur demande est en instance (sous réserve d'admissibilité)
  • Soins de santé : Accès au Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) pour une couverture de santé de base et d'urgence
  • Études : Les enfants ont le droit de fréquenter l'école; les adultes peuvent accéder à certains programmes d'éducation
  • Aide juridique : Les demandeurs admissibles peuvent accéder à l'aide juridique par l'entremise des programmes d'aide juridique provinciaux pour les questions d'immigration
  • !Voyages : Les demandeurs ne peuvent généralement pas quitter le Canada pendant que leur demande est en instance sans risque important pour leur statut

Foire aux questions

Puis-je demander le statut de réfugié si je suis entré au Canada depuis les États-Unis ?+

Aux points d'entrée officiels, l'Accord sur les tiers pays sûrs (ATPS) empêche généralement les demandes d'asile des personnes arrivant des États-Unis — sauf si une exception s'applique (mineur non accompagné, membre de la famille canadien, exception pour la peine de mort). Depuis mars 2023, l'ATPS s'applique à tous les points de passage frontalier, y compris les passages terrestres non officiels. Si vous êtes déjà à l'intérieur du Canada, l'ATPS ne vous empêche pas de présenter une demande au Canada.

Que se passe-t-il à la frontière si je dis vouloir demander le statut de réfugié ?+

Un agent de l'ASFC évaluera votre admissibilité en vertu de la LIPR art. 101. Si admissible, votre demande est déférée à la CISR pour une audience. Vous remplirez un formulaire Fondement de la demande d'asile. Si inadmissible en raison de l'ATPS, vous serez généralement renvoyé aux États-Unis. Un agent de l'ASFC au point d'entrée peut vous expliquer vos options au moment.

Combien de temps dure une demande d'asile au Canada ?+

Les audiences de la Section de la protection des réfugiés de la CISR sont généralement prévues 12 à 24 mois après le renvoi de la demande. Les demandes complexes, les appels devant la SAR et les demandes d'ERAR peuvent prolonger le processus global à 3 à 5 ans ou plus. Les délais de traitement varient selon le lieu et les arriérés de la CISR.

Puis-je demander la résidence permanente pendant que ma demande d'asile est en instance ?+

Non. Vous devez attendre que votre demande d'asile soit acceptée avant de demander la résidence permanente en tant que personne protégée. Une fois acceptée, vous pouvez demander la résidence permanente dans le cadre de la catégorie des réfugiés au sens de la Convention outre-frontières ou de la catégorie des personnes protégées au Canada.

Qu'est-ce qu'une évaluation des risques avant renvoi (ERAR) ?+

Une ERAR est une évaluation permettant de déterminer si les conditions dans votre pays d'origine ont changé depuis le rejet de votre demande d'asile. Elle n'est disponible qu'après épuisement de tous les autres recours (appel devant la SAR, contrôle judiciaire de la Cour fédérale). Une ERAR n'est pas une nouvelle demande d'asile — elle évalue uniquement les nouveaux risques apparus après la décision originale.

⚠️ Le droit des réfugiés est complexe

Les demandes d'asile comportent des exigences procédurales importantes et des délais stricts. Il est fortement conseillé de faire appel à un avocat spécialisé en immigration agréé ou à un praticien accrédité en droit des réfugiés. Ce guide explique ce que dit la loi — il n'analyse pas votre situation personnelle.

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Important: This tool provides general information based on publicly available Canadian immigration law (IRPA). Results are not a determination of admissibility. Only a CBSA officer at a port of entry can make admissibility decisions. For complex legal situations, professional guidance may also be beneficial.

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